L'Algérie suspend son traité d'amitié avec l'Espagne

Alger joue l'escalade

C’est une décision pour le moins prévisible. L’Algérie, via un communiqué officiel de la présidence, a suspendu, mercredi 8 juin 2022, son traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération avec l’Espagne. Et ce après l’alignement de Madrid sur la position marocaine au sujet de l’affaire du Sahara marocain. Critiquant fortement la nouvelle position espagnole, l’Algérie a décidé de contre-attaquer en procédant à la suspension immédiate de ce traité, qu’elle a conclu le 8 octobre 2002 avec l’Espagne et qui encadrait le développement des relations entre les deux pays.

Le traité prévoyait justement le renforcement du dialogue politique entre les deux pays et le développement de la coopération dans les domaines économique, financier, éducatif et de la défense. Un organisme bancaire clé en Algérie a d’ores et déjà annoncé des restrictions sur les transactions commerciales avec l’Espagne.

Pour sa réaction, le gouvernement espagnol dit regretter l’annonce de la présidence algérienne. «Nous analysons actuellement les implications exactes de cette mesure et sa portée pratique, tant au niveau national qu’au niveau européen», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, à la presse en marge d’une conférence. L’objectif de Madrid est de «donner une réponse adéquate, sereine, constructive, mais aussi ferme dans la défense des intérêts de l’Espagne et des intérêts des entreprises espagnoles», a poursuivi le chef de la diplomatie espagnole.

Madrid avait opéré le 18 mars dernier un changement important de position sur le dossier sensible du Sahara en apportant son soutien au projet d’autonomie marocain, suscitant la colère d’Alger, principal soutien du mouvement séparatiste, le Polisario. Au lendemain de l’annonce de la position espagnole, Alger a rappelé son ambassadeur en Espagne et la compagnie nationale d’hydrocarbures Sonatrach a évoqué une hausse des prix du gaz algérien livré à l’Espagne.

Il faut dire que le soutien espagnol à la marocanité du Sahara a mis fin à une grave crise diplomatique ayant opposé Madrid et Rabat durant près d’un an, déclenchée par l’accueil illégal en avril 2021 par les autorités espagnoles du chef du Polisario, Brahim Ghali, pour des soins médicaux.

A.A