Législatives françaises: Zineb El Rhazoui, candidate de Macron au Maghreb et en Afrique de l’Ouest?

Tout au long des derniers mois, l’ancienne militante maroco-française du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) et du Mouvement du 20-Février, Zineb El Rhazoui, avait pris fait et cause pour Emmanuel Macron, en le qualifiant notamment sur la radio Europe 1, le 12 avril 2022, de “candidat le plus crédible” pour le deuxième tour de la présidentielle française, tenue douze jours plus tard (que M. Macron a finalement remporté, rempilant, de fait, pour un deuxième mandat consécutif). Mme El Rhazoui se verra-t-elle, en retour, récompensée en arrachant l’investiture au nom de La République en marche (LREM), le parti de M. Macron, dans la neuvième circonscription française qui couvre le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest? Elle se trouve, en tout cas, dans les starting-blocks, et certains des autres prétendants à la candidature, à l’instar d’Ahmed Eddarraz, un autre Maroco-Français établi à Casablanca, semblent même redouter que les dés soient pipés et que le choix ait déjà été porté sur elle. Il a, ainsi, dans un communiqué publié ce jeudi 5 mai 2022, mis en cause ce qu’il a qualifié de “parachutage” de Mme El Rhazoui, de même qu’il a rappelé que cette dernière n’était pas installée dans la circonscription concernée mais à Dubaï, qui dépend d’une toute autre circonscription (la dixième). “Les Français établis sur cette circonscription méritent mieux que d’être considérés, par les ambitieux, comme un marchepied,” a fustigé M. Eddaraz.

Mme El Rhazoui se mure, pour sa part, dans le silence, et s’il faudra donc attendre pour voir si elle candidatera bien au nom de LREM aux législatives, il faut en tout cas signaler que de nombreuses parties au Maroc suivent de près le sujet étant donné les implications qu’il peut avoir sur les relations entre la France et le Royaume. Ainsi, d’aucuns redoutent un coup de froid entre les deux pays du fait du passé d’opposante de Mme El Rhazoui, dont la nomination pourrait être interprétée comme un mauvais signal de la part de l’ancienne puissance coloniale. D’autres ne semblent cependant y voir aucun inconvénient et préfèrent mettre l’accent sur l’évolution qu’a connue le parcours de la concernée depuis qu’elle a quitté le Maroc il y a dix ans. Reste à voir ce que va faire LREM et quel candidat il va choisir.