Young Moroccan Leaders organise une conférence sur l’identité marocaine

conference-Young-Moroccan


A l’initiative de Hamza  Abou El Ghait Ayad et de  Mamoun Medouar, deux  lycéens de pré-bac, la Conference  of Young Moroccan Leaders s’est  tenue les 23 et 24 janvier 2016,  à Rabat, autour de trois thèmes:  “L’ambition de la Modernité”, “Le  Marocain au lendemain du Cop  21”, “Le Maroc terre d’asile”. Le  premier thème était évidemment  le plus politique, surtout avec les  interventions de dirigeants de partis  nationaux: Karim Ghellab (PI), Nabil  Benabdallah (PPS) et Nabila Mounib  (PSU). Des approches différentes qui  témoignent d’angles distincts.


Karim Ghellab, a explicité, pour  commencer, le contenu de  la modernité (liberté, savoir,  technologie, progrès et démocratie)  avant d’évoquer la nécessité de  prendre en compte la culture. Il  s’agit, en effet, de s’adapter à un  environnement social. Ce faisant,  l’Homme apporte sa réponse à la  modernité.


La tradition rénovée ou actualisée
Si celle-ci se veut universelle sur la  base d’un référentiel occidental, elle  doit cependant entraîner l’adhésion  de tous, en particulier des sociétés  non-occidentales. Il a également  noté que la valeur de la Raison  et du principe des libertés était  prégnant, mentionnant au passage  que la formation istiqlalienne avait  à cet égard un référent islamique  partagé avec le PJD sauf à corriger  qu’elle s’en distinguait en se gardant  d’instrumentaliser la religion en  s’en servant comme d’un moyen  d’emprise ou de pouvoir sur les  citoyens.


Nabil Benabdallah, secrétaire  général du PPS, a tenu à faire ce  premier cadrage: «La modernité n’est pas un projet politique, mais  civilisationnel». Il a instamment invité  les jeunes des réseaux sociaux à agir,  à vouloir, à positiver, à s’engager pour  le changement et à ne pas céder aux  sirènes du refus et de la dérision du  pays et de ses institutions. Abordant  le contenu de la modernité et ses  multiples domaines, il a précisé qu’il  importe, dans un pays musulman à  99% avec son héritage culturel et  civilisationnel composite, de réfléchir  à consolider et à enraciner les apports  et les exigences de la modernité: la  rationalité, la liberté de pensée, le  progrès, la démocratie, l’égalité, la  diversité, l’innovation, la répartition  et l’identité.


Enfin, Nabila Mounib (PSU) s’est  demandé si l’on était vraiment dans  la modernité. Elle a expliqué que  prévaut la «passivité» couplée à  une ambigüité posant sur la pleine  citoyenneté. A ses yeux, il reste  beaucoup à faire pour faire respecter  les normes de l’Etat de droit dans leurs  multiples expressions: démocratie  participative, séparation des pouvoirs,  statut du religieux, indépendance de  la Justice, … Et d’ajouter que l’égalité  homme/femme est au coeur du projet  de modernité.


Pour elle, il faut un  autre projet de société à même de  contribuer à enraciner durablement  la modernité. Trois lectures donc de  cette problématique de la modernité:  la tradition rénovée ou actualisée,  une culture et des comportements  à asseoir, enfin une approche «par  le haut» en remettant en cause le  schéma institutionnel actuel et ses  politiques publiques