Younes Mjahed : "les entreprises de presse sont libres de suspendre ou pas la publication des journaux en papier"

Quel est votre commentaire sur le communiqué du ministère de la Culture portant sur la suspension jusqu’à nouvel ordre de la publication et la distribution des journaux et magazines en papier ?
Au regard des circonstances actuelles, le communiqué lance un appel à la suspension de la publication des journaux en papier. Il n’est pas en soi une décision contraignante. Sur le plan juridique, le ministère n’a pas à se concerter avec le Conseil national de la presse à ce propos. La concertation se fait, selon les termes de la loi, au sujet des lois, des décrets ou des procédures administratives à titre d’exemple. Le ministère de la culture n’a pas le droit de décider quoi que ce soit concernant le secteur de la presse.

Ni même le gouvernement. Ceci dit, cet appel ne contraint aucune entreprise de presse à suspendre la publication et la distribution. Ceux qui veulent continuer à publier leurs journaux ou magazines en papier peuvent le faire. Quand bien même, dans la réalité, certains éditeurs ont décidé, d’eux-mêmes, bien avant l’appel du ministère, de suspendre la publication de leurs journaux et magazines car les ventes ont drastiquement baissé. Ils vendaient ainsi donc à perte. La situation, telle qu’elle est aujourd’hui, ne leur permet pas de continuer à publier et distribuer des exemplaires de leurs journaux et magazines en papier.

D’aucuns ont mal vu l’absence de réaction du Conseil national de la presse suite à l’annonce unilatérale du ministère de la Culture. Que leur répondez-vous ?
Mais pourquoi doit-on réagir ? Et sur quelle base juridique va-t-on le faire ? Nous n’avons pas de tutelle sur le secteur. Nos prérogatives sont clairement définies. Et il n’y a pas une seule prérogative qui stipule que nous avons un quelconque pouvoir décisionnel sur le secteur. Le secteur de la presse n’est sous l’emprise d’aucune tutelle. C’est un secteur libre et indépendant. Dans la limite de nos attributions, ce que je peux dire, c’est que nous avons débattu, au sein du Conseil national de la presse, cette question. Aussi, nous débattons toujours des conditions de l’exercice du métier dans les circonstances actuelles pour les entreprises de presse traditionnelles et digitales.

Nous nous concertons toujours et surtout, avec la Fédération des éditeurs et le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) sur les répercussions économiques et sociales de cette épidémie et de la situation qui en résulte. Car c’est un secteur aujourd’hui sinistré. Et demain, les entreprises ne pourront pas payer les salaires des journalistes et de leurs employés. Une chose est sûre, il y aura des annonces dans les prochains jours sur les mesures à prendre en concertation avec d’autres partenaires.

Concernant la libre circulation des journalistes professionnels en vue d’accomplir leur mission, y aura-t-il du nouveau prochainement ?
Le communiqué du Conseil national de la presse a été très clair au sujet du libre exercice par les journalistes de leur métier sous condition de présenter la carte professionnelle délivrée par le CNP aux forces de l’ordre veillant sur l’application des consignes de confinement. C’était en concertation avec le ministère de l’Intérieur et de la Direction générale de la sûreté nationale qui ont considéré que cette carte professionnelle, seule, fait foi.

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