Yennayer : L'opposition monte au créneau

Par le biais de deux questions orales, le PPS et le PJD ont appelé le gouvernement à faire preuve de davantage de célérité dans l’instauration du nouvel an amazigh comme jour férié.

Alors que quelques semaines seulement nous séparent du nouvel an amazigh, les appels pour en faire un jour férié reprennent de plus belle. Ils viennent notamment d’émaner du Parti du progrès et du socialisme (PPS) mais aussi, de façon surprenante quand on connaît son passif gouvernemental pas vraiment amazighophile, du Parti de la justice et du développement (PJD).

Dans ce sens, les deux formations d’opposition ont adressé au gouvernement Akhannouch des questions orales, lesquelles pourraient bien connaître une issue favorable: il faut dire que le Rassemblement national des indépendants (RNI), dont ledit cabinet est issu, s’était lui-même fendu en janvier 2021 d’une question similaire pour porter la même revendication.

En outre, M. Akhannouch avait particulièrement mis l’accent, dans le programme gouvernemental qu’il avait présenté le 11 octobre 2021 au parlement, sur la mise en oeuvre de l’officialisation de l’amazigh, et l’instauration du nouvel an amazigh ne manquerait pas de s’inscrire dans le même cadre.

Le Parti de l’Istiqlal (PI), qui figure aux côtés du RNI dans la majorité, avait aussi vu son ancien secrétaire général, Hamid Chabat, plaider en faveur de “Yennayer”, nom amazigh de la fête. Rappelons que l’Algérie avait, elle, dès décembre 2017 franchi le pas de l’officialisation, bien qu’elle ait pris cinq ans de retard par rapport au Maroc pour faire de l’amazigh une langue officielle (elle avait attendu la réforme constitutionnelle de février 2016).

L’argument utilisé par les mouvements amazighs d’Afrique du Nord en faveur de cette officialisation est celui de dire que finalement la fête appartient à tous les habitants de la région et non seulement ceux qui se réclament de l’identité amazighe.

Une approche que, par ailleurs, le roi Mohammed VI a fait sienne depuis son intronisation, à travers notamment la mise en place de l’Institut royale de la culture amazighe (IRCAM) en octobre 2001. “L’amazighité qui plonge ses racines au plus profond de l’histoire du peuple marocain appartient à tous les Marocains, sans exclusive, et (...) elle ne peut être mise au service de desseins politiques de quelque nature que ce soit,” avait plaidé dans son discours resté célèbre de la ville d’Ajdir (province de Khénifra).

En dehors de Yennayer, la question amazighe s’était retrouvée au centre de débats houleux, le 13 décembre 2021, entre le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, et le député MP (Mouvement populaire, également dans l’opposition) et ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Ouzzine, après que ce dernier eût pris à parti le premier sur les mesures prises pour l’utilisation de l’amazigh dans les tribunaux -du fait que de nombreux citoyens ne comprennent pas l’arabe, dans lequel se tiennent les séances.