Entretien Yassir Adil, président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la région Casablanca-Settat

Les services ont été les plus touchés dans la région Casablanca-Settat

La région Casablanca-Settat a été l’une des régions les plus impactées par la crise liée au Covid-19. Malgré cette situation de crise, Yassir Adil, président de la CCIS de Casablanca-Settat, demeure optimiste quant à un retour à la normale à partir de 2021.

Quel constat dressez-vous de la situation de crise que traversent actuellement les entreprises de la région Casablanca-Settat?
La région Casablanca-Settat a été parmi les régions les plus touchées en raison de son poids dans l’économie nationale. Elle est la première région pour les services comme pour l’industrie. Le secteur des services a été le plus touché par cette pandémie comme le montrent autant l’enquête que nous avons déjà diligentée que celle menée par le HCP. Il s’agit des hôtels, des restaurants et des cafés ainsi que des autres services (loisirs, cabinets de conseil, transports, commerce non alimentaire).

Pour l’industrie, les reculs d’activité ont varié entre 25% et 40% dans le Grand Casablanca à, respectivement, 60% et 90% à El Jadida et Settat. Le constat est toutefois moins amer qu’il l’est sous d’autres cieux et parfois même dans des pays développés. Suite aux hautes recommandations royales et à l’élan de solidarité qui s’en est suivi, nous ne pouvons qu’entrevoir de meilleures perspectives dès 2021.

Pensez-vous que la loi de Finances rectificative apportera une réponse à cette crise?
Le dispositif d’aide aux entreprises en difficulté qui sera mis en place couvre tout le spectre des entreprises, publiques et privées, notamment celles touchées par la pandémie, quel que soit le degré de cet impact. Tant par les mécanismes de garantie que par les produits de financement, les pouvoirs publics escomptent une véritable relance de notre économie pour enrayer les effets de la baisse des activités causée par cette pandémie. Pour notre part, nous croyons en la capacité de notre pays à éviter les fermetures comme on le constate déjà dans d’autres pays.

Ces aides sont conditionnées par la préservation de 80% des employés…
Un des axes de cette action en faveur des entreprises en difficulté est d’ordre social, notamment à travers la préservation d’au moins 80% des emplois déclarés à la CNSS. Les efforts déjà déployés dans ce sens ont porté leurs fruits au cours du premier semestre 2020 et augurent que le challenge relevé par le Maroc sera réussi.

Le fonds de lutte contre le Covid-19 sera mis à contribution pour maintenir jusqu’à la fin de cette année la subvention instaurée par l’Etat au profit des salariés en chômage. De même, les employés non déclarés seront régularisés. Ce qui est, en soi, un grand acquis pour les salariés.