Yacine Saadi: "La légendaire Judit Polgár marquera le Festival de jeu d’échecs d’Essaouira"

Entretien avec Yacine Saadi, fondateur de la ligue Chess Game Tour

Enfants, adultes, femmes, amateurs et professionnels, des centaines de Marocains passionnés par le jeu d’échecs ont pu découvrir au moins une des 8 compétitions organisées depuis deux ans par la ligue Chess Game Tour. Le point avec Yacine Saadi, fondateur de la ligue.

Vous avez lancé en 2019 la ligue Chess Game Tour. Quel bilan pourriez-vous en dresser?
L’objectif de la ligue Chess Game Tour est de développer le jeu d’échecs au Maroc et de donner l’opportunité aux joueurs de progresser afin de pouvoir participer aux tournois internationaux. Il s’agit d’une ligue nationale de haut niveau assuré par des organisateurs professionnels et qui compte près de 250 membres, des joueurs et joueuses de tout âge, enfants et adultes. Il existe actuellement une fédération de jeu d’échecs au Maroc, mais qui est inactive depuis 4 ans à cause de problèmes internes. Nous ne comptons pas rester les bras croisés et attendre. Pour le moment, nous avons organisé 8 compétitions dans des hôtels luxueux à Casablanca, Rabat et Marrakech. Toutes les éditions ont été couronnées de succès.

Quels sont les autres compétitions à venir?
Nous allons organiser, le 20 juin 2021, la deuxième édition d’une compétition dédiée aux prodiges âgés de moins de 16 ans. Près de 30 joueurs y participeront. Le 26 juin 2021, nous allons tenir une autre édition de la compétition Iron Man, que nous avons initiée durant le mois de Ramadan. Elle verra la participation de 80 joueurs, soit les meilleurs du Maroc. Mais notre plus grand événement sera le Festival international de jeu d’échecs d’Essaouira.

Pourriez-vous nous en dire plus?
Ce Festival international de jeu d’échecs sera organisé du 29 juillet au 1er août 2021, à l’occasion de la fête du Trône, à Dar Souiri, à Essaouira. L’événement connaîtra la participation de 150 joueurs, dont 80% de Marocains. Nous allons inviter des maîtres internationaux, ainsi qu’un grand maître.

Peut-on connaître l’identité de ce grand maître?
Nous espérons accueillir Judit Polgár, la plus forte joueuse d’échecs au monde et de l’histoire de ce jeu. Une joueuse qui a d’ailleurs inspiré la série Netflix «The Queen’s gambit», une série qui a créé un énorme buzz après sa diffusion. Quel en a été l’impact au Maroc? Effectivement, la série Netflix «The Queen’s gambit» a été à l’origine d’un engouement exceptionnel sur les portails de jeu d’échecs et des applications comme Chess.com et Lichess, ainsi qu’au niveau des clubs, où les inscriptions ont explosé. Cette tendance n’a pas échappé au Maroc. J’ai reçu énormément de sollicitations et de demandes de conseils pour l’achat d’échiquiers ou pour l’inscription d’enfants à des clubs d’échecs.

Comment démocratiser ce jeu, perçu encore comme élitiste?
Il faut, tout d’abord, médiatiser davantage ce jeu et le faire connaître auprès de la population, et mettre en avant ses avantages comme le développement de la concentration, de la visualisation, de la mémoire, de l’intelligence et de la créativité. Ensuite, il faut créer des infrastructures, des clubs et des associations pour les milliers de passionnés de ce jeu au Maroc qui ne trouvent pas où le pratiquer. Il faut aussi initier des compétitions locales, régionales et nationales, soit pas moins d’une quinzaine par mois. Le ministère de la Jeunesse et des Sports doit s’activer dans ce sens en mobilisant des budgets conséquents et en subventionnant les clubs et associations.