Les X plaident pour l’appui à l’innovation

LE GROUPE X-MAROC VEUT CONJUGUER ENTREPRENEURIAT ET RECHERCHE

Il faut développer, disent les anciens marocains de l’École polytechnique, une mentalité de chercheurs-entrepreneurs que les universités et les entreprises ont tout intérêt à accompagner.

Le Maroc de demain ne se construira pas sans un solide appui à l’innovation et à la recherche et développement. C’est le message porté par les quatre intervenants d’une webconférence organisée mardi 9 juin par le groupe X-Maroc, l’Association marocaine des anciens élèves de l’École polytechnique. Pendant deux heures, Nadia Fassi-Fihri, présidente-directrice générale du groupe Inwi, Mohamed Mamoune Bouhdoud, ingénieur et ancien ministre délégué aux Petites entreprises et à l’intégration du secteur informel, Hicham El Habti, secrétaire général adjoint du groupe OCP et secrétaire général de l’université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), et Ismaïl Douiri, directeur général d’Attijariwafa bank, tous anciens élèves de l’École polytechnique, ont souligné l’importance de développer l’innovation et la recherche et développement (R&D) au Maroc et appelé à lever les freins auxquels elle se heurte encore.

Une administration réactive
Avec un premier chiffre, qui donne le ton: le Royaume consacre environ 0.65% du PIB à la R&D et dénombre moins de 2.000 doctorants lauréats chaque année, toutes disciplines confondues, selon les chiffres communiqués par Hicham El Habti. «Il faut augmenter la part de doctorants et susciter chez eux de l’intérêt», dit-il. Et d’ajouter: «il faut augmenter le nombre d’universités au Maroc, qui sont au nombre de 25 actuellement». Au-delà du volet R&D, les quatre intervenants ont surtout plaidé en faveur du développement de l’entrepreneuriat, qu’ils jugent nécessaire de conjuguer à la recherche. Il faut développer, disent-ils, une mentalité de chercheurs-entrepreneurs que les universités et les entreprises ont tout intérêt à accompagner

Pour Nadia Fassi-Fihri, la R&D a tout un rôle à jouer pour donner un coup d’impulsion aux entreprises marocaines, parfois assommées par la lourdeur administrative: «S’il n’a pas autour de lui des personnes de qualité, une administration réactive, un accès aux financements, le meilleur entrepreneur du monde n’ira pas loin. Si on veut encourager l’entrepreneuriat, il faut mettre en place toutes les mesures pour pouvoir avancer; on ne pourra pas avoir un potentiel énorme sur le front entrepreneurial tant qu’on aura des signatures à légaliser», a tranché Mohamed Mamoune Bouhdoud. Ismaïl Douiri, lui, voit plus loin encore en suggérant de faire du Maroc un hub régional en matière d’innovation et de R&D.

Encore faut-il que le Maroc lui-même voie grand, même s’il ne dispose pas des mêmes moyens que les mastodontes américains, japonais ou européens. Pour Ismaïl Douiri, «la question ne se pose pas en termes de moyens, mais d’orientation de ces moyens». Émergence d’un hub régional qui reste plus que jamais conditionnée par la fructification de ses matières premières, à savoir les ressources humaines, le financement, la connaissance et le savoir.