Le Wali Yaacoubi recadre sèchement le maire Pjidiste

BLOCAGE DE PROJETS VITAUX À RABAT

Tout en reconnaissant dans sa lettre l’incapacité de Sadiki à mener à terme le projet d’arrosage des espaces verts, entre autres, le wali de Rabat, Mohamed Yaacoubi, ne ménage pas le maire pjidiste et étale ainsi sa gestion défaillante de la ville à bien des égards.

C’est le deuxième recadrage du maire pjidiste de Rabat en seulement quelques jours. Après le blocage du projet de deux parkings souterrains au niveau de l’avenue Mohammed V, la tension entre la Wilaya et la mairie de Rabat atteint son point culminant comme le montre la lettre (dont Maroc Hebdo détient une copie) adressée, le 20 janvier 2020, par Mohamed Yaacoubi, Wali de la région de Rabat-Salé-Kénitra, à Mohamed Sadiki, président du conseil de la ville de Rabat.

Dans cette correspondance, le Wali accuse le maire de dresser des obstacles contre la concrétisation de projets vitaux pour la capitale. Ne mâchant pas ses mots et sur un ton ferme, M. Yaacoubi rappelle d’emblée à M. Sadiki qu’à l’occasion de la journée internationale de la Terre en 2010, Rabat a été classée ville verte, ce qui a été consacré par la convention-cadre signée devant le Roi Mohammed VI le 12 mai 2014 et qui a donné naissance à la programmation de plusieurs projets visant la réhabilitation des espaces verts et du milieu environnemental dont la gestion devait être attribuée à une société de développement local dédiée.

Cette société devrait se charger des activités à caractère économique qui relèvent des attributions de la commune à l’instar des expériences réussies dans des villes proches. Après plusieurs relances, le maire pjidiste n’a pas introduit ce point à l’ordre du jour de la session du Conseil de la ville. Un refus masqué que Mohamed Yaacoubi a fini par démasquer.

Séance de délibération
«Votre conseil est appelé à débattre de la création de cette SDL. En cas de refus, il faut apporter une alternative. Et puisque vous avez pris votre décision de façon unilatérale sans recourir au conseil, je vous invite à fait part de votre opinion personnelle à l’intérieur du conseil et lors d’une séance de délibération, sans tourner rond ou chercher à émettre des arguments qui ne relèvent pas de vos prérogatives, surtout en ce qui concerne l’introduction de nouveaux partenaires pour participer à ce projet pionnier dont seule la commune de Rabat profitera », a écrit le wali.

Tout en reconnaissant l’incapacité de Sadiki à mener à terme le projet d’arrosage des espaces verts, le wali ne ménage pas le maire pjidiste et étale ainsi sa gestion défaillante à bien des égards: «Il est apparu clair que la commune trouve des difficultés à suivre la dynamique d’interventions dans ce domaine, que ce soit sur le plan du financement ou des suggestions relatives à la préservation des espaces verts et des parcs de loisirs de Rabat.

Ce qui a incité les services de la Wilaya à prendre le relais et à proposer des initiatives pour vous accompagner afin de pallier ce déficit, tels que la convention de partenariat pour la gestion et l’entretien du parc de Rabat et la convention portant sur la non-utilisation des eaux usées pour l’arrosage des espaces verts mobilisant 210 millions de dirhams où la commune devait participer à hauteur de 10 millions.

Une participation que votre commune n’a pas honorée, ce qui a poussé le conseil de la région, avec l’initiative de la Wilaya, à financer le montant manquant», se désole M. Yaacoubi. A Casablanca, à Rabat ou à Fès, les maires pjidistes optent pour l’inaction et adoptent la politique de l’autruche. Comme il s’agit de Rabat, la capitale du pays, le wali Yaacoubi ne cède pas à cet immobilisme du maire.

«Je vous demande d’introduire cette question dans l’ordre du jour afin que les membres du conseil se prononcent dessus. En attendant, je ne peux autoriser mes services à s’immobiliser et à s’empêcher de trouver des solutions aux problèmes de la ville», conclut M. Yaacoubi.


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