Le wali Mhidia débarque en Messie à Casablanca : Un commis d'État tout-terrain

Un commis d'Etat tout-terrain


Fort d’une longue expérience et de plusieurs réussites à la tête de régions et de villes majeures du Maroc, Mohamed Mhidia débarque à Casablanca avec le statut de sauveur. Pourra-t-il faire parler son savoir-faire dans la métropole aux mille problèmes?

“C’est quelque chose de très grand. Les gens sont contents car il va changer beaucoup de choses”. Omar Sayed ne cache pas son optimisme, ce mardi 21 novembre 2023. Le célèbre artiste marocain et membre du légendaire groupe musical Nass El Ghiwane vient juste de rencontrer Mohamed Mhidia, nouveau wali de la région de Casablanca-Settat, nommé le 19 octobre 2023 par le roi Mohammed VI. L’échange entre les deux hommes est court mais spontané et convivial, loin de toute lourdeur protocolaire. Le cadre de la rencontre est encore plus révélateur: une ruelle de Hay Mohammedi, un quartier historique populaire de la capitale économique.

Ingénieur de formation
“Il a toujours été comme cela. C’est un homme qui n’hésite pas à aller sur le terrain, pour mieux comprendre la situation et les préoccupations des populations des régions où il exerce ses fonctions, sans filtre qui pourrait fausser sa perception et par conséquent son action”, nous confie un haut cadre du ministère de l’Intérieur, qui a travaillé pendant quelques années sous la supervision de M. Mhidia. À 69 ans, M. Mhidia peut se targuer d’un riche parcours à la tête de plusieurs régions-clés du Royaume. Son arrivée à Casablanca-Settat, la plus riche et la plus complexe de ces régions, se présente, pour lui, comme une sorte de promotion. Une récompense pour cet ingénieur de formation qui a toujours su gérer avec brio les dossiers mêmes les plus problématiques dont il était chargé. Les exemples à ce niveau ne manquent pas.

Wali de la région de Tanger-Al Hoceima depuis le 22 novembre 2019 et jusqu’à sa récente nomination à son nouveau poste, M. Mhidia est parvenu à apporter une réponse rapide et efficace à la crise économique et sociale à Fnideq, Mdiq et Tétouan, causée par la fermeture du point de passage de Bab Sebta et l’arrêt de l’activité de contrebande avec le préside occupée, dont dépendaient des milliers de familles de la région, et aggravé par la pandémie de Covid-19. “Il a réussi à désamorcer une véritable bombe sociale dans une région assez sensible. Son travail est hautement apprécié et admiré jusqu’au plus haut sommet de l’État”, poursuit notre source. Mais pour se hisser à ce rang, M. Mhidia a dû gravir les échelons et accumuler les expériences, aussi bien dans l’administration territoriale que dans les travaux publics. Le natif de Sidi Kacem, le 8 octobre 1954, opte pour la France pour poursuivre ses études supérieures. Il obtient alors un premier diplôme d’ingénieur à l’École nationale supérieure des mines de Douai (1981), avant d’enchaîner un an plus tard avec un deuxième diplôme à l’Institut supérieur du béton armé (ISBA) de Marseille.


Postes de responsabilité
Il retourne au Maroc où il occupe plusieurs postes de responsabilité sur le plan provincial. Il est directeur provincial des travaux publics à Azilal de 1987 à 1993, avant de devenir directeur de service au sein de la direction des routes. Et c’est en 1996 que M. Mhidia hérite d’un chantier dans une grande ville, avec sa nomination à la tête de la Société d’aménagement de la nouvelle ville de Salé-Sala Al Jadida). Mais ce n’était que le début d’une ascension encore plus impressionnante. En 2002, Mohammed VI le nomme comme gouverneur de la préfecture de Skhirate-Témara.

Un passage réussi qui lui vaudra d’atteindre une nouvelle dimension avec sa nomination par le Roi en 2007 au poste de wali de la région de Taza-Al Hoceïma-Taounate et gouverneur de la préfecture d’Al Hoceïma. Puis en 2010, il rejoint Marrakech et sa région toujours pour occuper la même fonction, mais avec de nouveaux défis et enjeux. Il réussit alors à métamorphoser la ville ocre sur le plan des infrastructures et des investissements, permettant ainsi de booster son attractivité notamment touristique. “Si Marrakech est devenue une destination de choix pour les étrangers mais aussi pour les visiteurs nationaux, c’est en partie grâce à Mohamed Mhidia et son travail acharné”, estiment plusieurs acteurs économiques locaux.

Grand défi
Après cette expérience réussie, il est nommé en 2012 au poste de wali de la région de l’Oriental, gouverneur de la préfecture d’Oujda-Angad, puis sept ans plus tard, donc Wali de la région de Tanger-Tétouan -Al Hoceima, gouverneur de la préfecture de Tanger-Assilah. Comme il l’a fait à Marrakech une décennie auparavant, M. M’hidia effectue un passage relativement court mais rempli de réalisations à la tête de la capitale du Nord, devenue elle aussi un pôle économique majeur au Maroc et une des villes les plus appréciés et où il fait bon vivre sur le plan national.

Avec sa nomination à la tête de la région et de la préfecture de Casablanca, M. Mhidia se trouve face à ce qui serait le plus grand défi de sa carrière. Son expérience à Marrakech et à Tanger lui seront certainement d’une très grande utilité. Cela suffira-t-il dans une capitale économique qui a toujours fait office d’exception, notamment de par sa réalité particulièrement complexe comparativement au reste des villes du Royaume?.

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