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Affaire de l'officier Wahiba Kharchich et tentatives de décrédibilisation de la police

HALTE AUX PROCÈS D'INTENTION !

L’institution de la police est le symbole même de la sécurité et de la sûreté de l’Etat et du citoyen. C’est dire qu’entre la critique fondée et la diffamation en vue de sa décrédibilisation, il n’y a qu’un pas. Et, en l’absence de preuves, c’est un procès d’intention auquel on se livre injustement.

Il était temps ! L’institution de la police nationale sort de son mutisme pour dénoncer les attaques de toutes parts dont elle est injustement la cible depuis quelque temps et qui visent à la discréditer. Le discrédit dont on cherche à atteindre n’a rien à voir avec la critique constructive dont toute institution de ce pays doit faire l’objet dans le dessein d’augmenter son efficacité et d’améliorer sa gouvernance. Mais des attaques infondées, des insultes et injures injustifiées, devenues virales en quelques minutes, répandues ci et là sur les réseaux sociaux notamment, disséminant le mal et le doute car non vérifiées, c’est inadmissible.

Violation des règles
Dans une interview accordée à M24, la chaîne TV de la MAP, au sujet de l’affaire de l’officier de police suspendue, Wahiba Kharchich, inhérente à des allégations de harcèlement sexuel, Mohamed Dkhissi, le directeur central de la Police judiciaire –une des cinq directions de la direction générale de la Sûreté nationale-, a d’abord évoqué toutes les attaques visant à atteindre à la réputation et au crédit dont jouit cette institution, aux diffamations et insultes devenues récurrentes à son encontre et à l’égard de ses fonctionnaires, affirmant que la DGSN (Direction générale de la Sûreté nationale) a déposé une plainte au niveau national contre toutes les personnes ayant des liens avec cette question.

Une deuxième plainte à l’étranger est en train d’être déposée contre les mêmes personnes impliquées. Le droit à la critique étant garanti, à condition que celle-ci soit objective et que toute la vérité soit dite, a souligné le directeur central de la Police judiciaire.

De retour à l’affaire de l’officier suspendue Wahiba Kharchich, qui a évoqué son harcèlement sexuel par Aziz Boumehdi, chef de la Sûreté préfectorale d’El Jadida en 2016, M. Dkhissi a expliqué que cette dernière a été auditionnée au sujet de sa plainte contre plusieurs agents de police, le chef de l’arrondissement et ses éléments, en plus de membres de la cellule de communication de la ville d’El Jadida, outre une plainte contre un voisin qu’elle accuse de harcèlement sexuel et de tentative de viol.

Mais qui est d’abord cet officier de police? A cette question, M. Dkhissi a fait savoir que l’officier suspendue, qui a rejoint les rangs de la Sûreté nationale en 2003, et qui a bénéficié de 300 jours de congé en présentant des certificats médicaux et fait 4 arrêts de travail au cours de l’année 2019, a fait l’objet, lors de son stage, de plusieurs remarques d’avertissement suite à la violation des règles de discipline. Aussi, elle a été avertie au sujet du respect de ses collègues et des cadres pédagogiques et formateurs, avant de recevoir en 2014 un avertissement après avoir agressé une collègue en mission, au sein du quartier de police d’Azemmour.

Quid de la suite de sa plainte? D’après M. Dkhissi, elle a demandé en 2016 une audience auprès du chef de la Sûreté préfectorale, Aziz Boumehdi, qui l’a reçue en présence des responsables administratifs et écouté sa plainte. Le service administratif de la ville d’El Jadida a envoyé ses conclusions à la Direction générale de la Sûreté nationale, avant que l’Inspection générale n’entre en ligne en écoutant l’officier suspendue. L’affaire de harcèlement sexuel, qu’elle prétend remonter à 2014, a ajouté M. Dkhissi, a été soumise au directeur général de la Sûreté nationale et à la direction de la police administrative.

Non-poursuite confirmée
Suivant les instructions écrites qu’il a reçues du directeur de la Sûreté nationale, la Brigade nationale de la Police judiciaire a ouvert une enquête après avoir informé le Parquet compétent et écouté toutes les parties. Le procureur général du Roi a ordonné d’écouter l’officier suspendue, avant que le procès-verbal de la Police judiciaire ne soit soumis au procureur du Roi, qui a écouté le chef de la Sûreté préfectorale, Aziz Boumehdi. Il a ainsi décidé d’enclencher la poursuite et a renvoyé le responsable sécuritaire devant le juge d’instruction qui, à la fin de l’enquête, a décidé la non-poursuite.

Vérités et contre-vérités
Le Parquet et la défense de l’intéressée ont fait recours contre cette décision du juge d’instruction. L’affaire a par la suite été portée en cassation et la non-poursuite a été une fois de plus confirmée. Le contrôleur général et chef de la Sûreté préfectorale d’El Jadida, Aziz Boumehdi, a fait appel au service de deux avocats en payant leurs honoraires par un chèque personnel. Pour ce qui est des allégations relatives à la nonécoute des témoins, M. Dkhissi a indiqué que les instructions disaient qu’il faut écouter l’officier suspendue seule.

Dans le même contexte, M. Dkhissi a précisé que “suite à l’examen de la vidéo dans laquelle l’officier suspendue prétend avoir été menacée de l’enlèvement de sa fille, à proximité de la gare de Casa-Port, alors qu’elle se rendait au tribunal pour une affaire, il en ressort que ces faits sont supposés s’être déroulés à Casablanca et ici, tout citoyen ordinaire ayant perdu son chemin peut se tourner vers les agents de police présents sur les lieux pour demander des orientations et le cas échéant, dénoncer les deux individus qui le menacent, menant ainsi à leur arrestation”.

Après avoir reçu une correspondance du Parquet, a poursuivi M. Dkhissi, elle a été contactée et convoquée par la Police judiciaire désignée par le procureur général du Roi, mais l’intéressée a présenté un certificat médical de 21 jours, un second de 30 jours puis un troisième de 30 jours, soit un total de 81 jours après l’accident et lorsqu’elle s’est présentée, elle a affirmé que son époux recevait des appels téléphoniques provenant de personnes anonymes qui lui ont envoyé plusieurs photos, comme elle a prétendu que son téléphone était sous surveillance et traçait ses mouvements à Benguerir et à Marrakech.

Bref, peu de vérités et beaucoup de contre-vérités qui ont jeté du discrédit sur ce dossier de harcèlement qui se trouve être entre les mains de la justice désormais. Personne n’est au-dessus de la loi. Et toute personne attachée à ce que justice soit faite doit se montrer persévérant et s’interdire de nuire à l’image et la réputation d’une institution quelle qu’elle soit par la diffamation notamment, pensant que cela peut l’aider à influer le cours de la justice. Car ce faisant, n’importe qui perd de sa crédibilité et entre ainsi, sans même le vouloir, dans le chantage indirect.

La police est faite certes de femmes et d’hommes susceptibles de commettre des erreurs de parcours ou personnelles. C’est humain. Dans ce cas, si les faits sont avérés, la personne contrevenante sera punie. Mais chaque chose doit se faire dans les règles de l’art et dans le respect de la loi. Ceci dit, la Direction générale de la Sûreté nationale a fait sa mue il y a quelques années en cherchant la proximité et le renforcement de la dissuasion.

Et à dire vrai, l’empreinte de Abdellatif Hammouchi a été patente dans ce sens. L’homme a réalisé beaucoup de progrès et fait montre de rigueur et de fermeté dans l’implémentation de ce changement. Et puis, cette institution est le symbole même de la sécurité et de la sûreté de l’Etat et du citoyen. C’est dire qu’entre la critique fondée et la diffamation en vue de la décrédibilisation, il n’y a qu’un pas. Et, en l’absence de preuves, c’est un procès d’intention auquel on se livre injustement.