A quel point sommes-nous en mesure de vivre avec le virus ?

GESTION DE LA PANDÉMIE PAR LES AUTORITÉS SANITAIRES

Les autorités marocaines, qui risquent d’affronter une situation sanitaire incontrôlable avec l’approche de l’hiver, sont déterminées à combattre l’épidémie. Les Marocains, eux, sont appelés à plus de respect des gestes barrières pour éviter le pire. Beaucoup pensent, en effet, qu’il faut apprendre à vivre avec le virus.

L’aggravation de l’épidémie dans notre pays avec la hausse quotidienne des contaminations est en train de poser un sérieux problème de gestion et de prise en charge des malades par les autorités sanitaires. En 7 mois, les structures hospitalières publiques sont saturées, les labos ont probablement atteint leurs limites d’analyses et le personnel médical, qui n’a pas pris son congé annuel, est au bord de la dépression nerveuse. Cette surcharge du travail supportée par le secteur public risque de provoquer une situation sanitaire explosive. A l’approche de l’hiver, la grippe saisonnière aux symptômes presque semblables au Covid-19, va probablement participer à l’aggravation de la situation. Mais ne perdons pas espoir.

Et l’espoir vient du futur vaccin, dont la sortie commerciale est attendue pour les prochaines semaines. Le Maroc est bien parti pour acquérir le vaccin chinois pour lequel il participe activement à la troisième phase des essais cliniques, ultime phase scientifique avant sa mise sur le marché. Mais, comme le Royaume ne met jamais tous ses oeufs dans le même panier, comme l’a si bien expliqué le ministre de la santé, Khalid Aït Taleb, lors de sa dernière intervention devant une commission parlementaire, le Maroc a préféré signer une convention commerciale avec la société britanno-suédoise AstraZeneca, pour la livraison de son vaccin développé par les chercheurs de la célèbre université britannique Oxford.

En attendant les deux vaccins, les Marocains semblent vivre dans une ambiance plutôt normale, souvent non respectueuse des gestes barrières, ce qui pourrait pousser les autorités sanitaires à durcir les dispositifs restrictifs dans certaines zones où le virus continue de circuler à une vitesse incroyable. Un tel durcissement n’est pas le bienvenu.

En attendant le vaccin
Economiquement et moralement à bout, les Marocains ne supporteraient plus un reconfinement total comme cela est prévisible à Casablanca dont les autorités locales pourraient bien le décréter si jamais la situation sanitaire continue de se dégrader. Mais prendre une telle décision, somme toute radicale, pourrait conduire à l’achèvement économique et social de la ville de Casablanca, poumon économique du Royaume et coeur battant du pays.

En France, où l’épidémie a pris une tournure plus grave, la ville de Marseille, où le gouvernement français vient d’imposer de nouvelles mesures restrictives, dont la fermeture des bars et des restaurants au-delà de 22 heures, a décidé de se rebeller. Les élus de la deuxième plus grande métropole de France ont manifesté leur refus catégorique au gouvernement français de vouloir imposer ces nouvelles mesures restrictives. Craignant pour leur économie, qui risque de s’effondrer, ils rejettent tout diktat sanitaire venant de Paris.

A Casablanca aussi, l’économie risque de s’effondrer si un reconfinement est décidé. En attendant, les Marocains sont appelés à soutenir les autorités sanitaires en respectant scrupuleusement les gestes barrières car la vie doit continuer et on doit tous apprendre à vivre avec le virus.


Laisser un commentaire

Merci de cocher cette case
X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger