Visite chargée de symboles de la patronne du renseignement US au Maroc

Trois mois après sa visite du 13 et 14 juin 2022 aux États-Unis, c’était, ce 19 septembre 2022, au tour du directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) et de la Surveillance du territoire national (DGST), Abdellatif Hammouchi, de recevoir la directrice du renseignement national américain, Avril Haines. L’occasion de faire une “évaluation de la situation au niveau régional, l’étude des menaces et des défis découlant de cette situation dans certaines régions du monde”, selon un communiqué publié dans la foulée. La même source a également ajouté qu’il a été, en outre, question des “dangers posés par les connexions entre les organisations terroristes et les réseaux du crime organisé, y compris la cybercriminalité, en plus d’autres formes de criminalité transfrontalière”.

En tout cas, cette visite de Mme Haines au Maroc et ses entretiens avec M. Hammouchi sont à coup sûr révélateurs du degré de coopération entre les services des renseignements marocain et américain. A cet égard, on peut rappeler que la DGST avait permis à l’Agence centrale du renseignement (CIA) et au Bureau fédéral d’investigations (FBI) US de procéder à l’arrestation d’un soldat stationné en Allemagne qui avait des contacts avancés avec l’organisation de Daech, ce dont les deux services avaient par la suite personnellement remercié, en février 2021, M. Hammouchi. Et cette affaire n’était que la plus médiatisée, car sous le boisseau l’on sait aussi que les deux pays échangent régulièrement des informations au sujet des organisations basées au Sahara et au Sahel, où l’armée américaine a au cours des dernières années, et ce suite à l’embuscade de Tongo Tongo au Niger en octobre 2017 -quatre soldats américains tués-, réduit sa présence tout en renforçant ses partenariats avec ses alliés locaux dont le Maroc fait bien évidemment partie au premier chef.

Il faut dire que du fait que la menace se trouvant dans ces deux régions le touche directement par le biais du mouvement séparatiste du Front Polisario, le Maroc a développé une infrastructure d’information efficace qui lui permet de parer à toute tentative de perpétrer des attaques sur son territoire, à commencer par ses provinces du Sud. Ce qui profite donc aussi aux États-Unis.