DE LA VISIBILITÉ, SVP, M. AMZAZI

L’ANGOISSE DES PARENTS D’ÉLÈVES EST À SON ZÉNITH

En pleine ambiance marquée par les incertitudes, les doutes et l’anxiété, Said Amzazi est attendu ce mercredi 13 mai 2020 au Parlement pour tirer au clair certaines zones d’ombre et clarifier les questions qui hantent autant les parents d’élèves que les étudiants et les enseignants pour lesquels l’option d’une année blanche est totalement rejetée.

Personne ne nie la réactivité et les efforts d’adaptation et de communication du département d’Amzazi, pris au dépourvu à l’instar de ses co-équipiers au sein du gouvernement par la propagation du Covid-19, pour assurer la continuité de l’enseignement, même à distance, et combler le vide. Mais le manque de visibilité concernant le déconfinement et la reprise des études, la tenue et la date des examens, le sort même de l’année scolaire et universitaire, taraude l’esprit des parents d’élèves, des étudiants et des enseignants et pose une grande interrogation. Est-ce qu’il y a au sein de ce gouvernement quelqu’un qui a une vision? Si ce n’est pas le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, ou le ministre de l’Education nationale et porte-parole du gouvernement, Saïd Amzazi, qui d’autre peut en avoir une?

Ce souci lancinant a été porté au parlement marocain qui se préoccupe de la poursuite de l’année scolaire, suspendue à cause du Covid-19. La commission de l’Enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants a prévu une réunion dans ce sens le 13 mai 2020 avec le ministre Amzazi. Le bilan de l’enseignement à distance, de la levée du confinement et l’organisation des examens sont, entre autres, des points qui seront au menu des débats. Le bureau de la commission de l’enseignement avait déjà tenu une réunion en visioconférence jeudi 30 avril 2020, sous la présidence de l’usfpéiste Mohammed Mellal. Cette réunion a été consacrée à l’examen d’un ensemble de points ayant trait à l’éducation et à la formation, à l’aune de l’état d’urgence sanitaire décrété pour limiter la propagation du Coronavirus.

Organisation des examens
Injoignable au téléphone, Saïd Amzazi est donc interpellé pour répondre aux préoccupations des parlementaires. «Nous avons une réunion avec le ministre Amzazi le 13 mai à 11h. Parmi les questions qu’on va lui poser figurent le manque de visibilité et une lecture de la problématique posée par l’enseignement à distance. A ce propos, je vois mal comment va-t-on procédér pour faire un sondage d’évaluation de ce type d’ensiegnenement dans le monde rural où les outils technologiques font défaut et même dans les milieux urbains, comment va-t-on faire pour toucher par les temps qui courent les concernés. Nous allons adresser aujourd’hui ou demain un mémorundum au Chef du gouvernement et au ministre où nous demandons des explications à ces questions posées.

Nous pensons par exemple qu’un bachelier qui ne passe pas les examens au plus tard en août aura de sérieux problèmes pour son inscription dans une école supérieure ou une université. Je pense que le ministre aura, lors de notre réunion, une certaine visibilité concernant les examens primaires et secondaires. Aussi, la loi-cadre qu’on a adoptée traite de la question de la relation des établissements d’enseignement privé avec les parents d’élèves, celle des tarifs des études et d’assurance et de l’enseignement à distance. Sauf que sa mise en oeuvre bute sur les décrets d’organisation qui tardent à voir le jour», confie Mohammed Mellal à Maroc Hebdo. Lors de cette rencontre, tant attendue, les groupes parlementaires représentés dans cette commission devraient évoquer les mesures préventives mises en oeuvre pour contrer la propagation du Covid-19 dans les établissements scolaires dans la perspective du déconfinement.

Les procédures prévues pour l’organisation des examens ainsi que les perspectives de l’année scolaire en cours préoccupent également ces groupes, qui s’intéressent, sur cette même lancée, aux mesures prises au niveau des établissements scolaires et universitaires, et les premières évaluations des mesures prises depuis le début de la pandémie par le département de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur. Pour l’heure, le flou total qui imprègne ces questions de la levée du confinement dans le système éducatif et les perspectives de l’année scolaire en cours nourrit davantage l’anxiété des parents d’élèves et des étudiants notamment de première année Bac et les bacheliers.

Mesures préventives
Une anxiété qui s’explique par les incidences psychologiques, psychiques et physiques sur les élèves et les étudiants, ce qui pose un grand point d’interrogation sur leur capacité à assimiler, dans un temps record, les leçons et les cours de rattrapage précédant l’organisation des examens et leurs répercussions probables sur leurs résultats finaux. Lors de son interview accordée, le jeudi 7 mai 2020, aux chaînes Al Oula, 2M et Medi 1 TV, le Chef du gouvernement, qui a déclaré ne disposer d’aucune vision, a pourtant souligné que dans un contexte où l’enseignement à distance a donné des résultats satisfaisants, en plus des cours dispensés avant la crise, l’hypothèse d’une année blanche est à écarter.

Incertitudes et stress
Pour les bacheliers voulant accéder à certaines grandes écoles d’enseignement supérieur comme l’ENSA, l’ENSAM, l’ENSAD et l’ENCG, la question qui se pose est s’ils sont obligés ou non de passer par l’étape des concours d’accès ou bien la sélection devra se faire sur la base uniquement des notes obtenues par les bacheliers? Concrètement, la sélection se fera en ligne à travers la plateforme électronique «Tawjihi» pour la rentrée universitaire 2020- 2021. Chose que le ministre devra confirmer devant les parlementaires.

En tout état de cause, en pleine ambiance marquée par les incertitudes, les doutes et le stress, Amzazi est attendu ce mercredi 13 mai pour tirer au clair certaines zones d’ombre et clarifier les questions qui hantent autant les parents d’élèves que les étudiants et les enseignants pour lesquels l’option d’une année blanche est totalement rejetée.

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