Le virage stratégique de Mohcine Jazouli


Nommé au ministère de l’investissement du gouvernement Akhannouch après avoir été le “faiseur de business” au ministère des Affaires étrangères, Mohcine Jazouli a démarré une nouvelle dynamique en terme d’IDE.

Si le Maroc a fait un bond substantiel en termes d’investissements durant la décennie 2010-2020, le fait est que le rythme de croissance ne faisait baisser structurellement le chômage. Dès sa nomination le 7 octobre 2021 en tant que ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’évaluation des Politiques publiques, Mohcine Jazouli voulait s’attaquer à ce sujet en priorité. En consultant aguerri (fondateur du groupe Valyans), il connaît les failles des politiques publiques de manière minutieuse. D’où la nouvelle charte d’investissement.

Son objectif ? Assainir le climat des affaires, décentraliser la décision économique, et simplifier les procédures. Le dispositif principal s’articule autour de 5 primes communes, une prime territoriale et une prime sectorielle, pouvant bénéficier aux entreprises éligibles sur la base du montant de l’investissement et du nombre d’emplois stables à créer, notant que les primes peuvent être cumulées à hauteur de 30% du montant de l’investissement. Aussi, le dispositif pour les projets stratégiques concerne des mesures d’appui spécifiques, en particulier au profit des projets à caractère souverain ou avec une capacité d’attraction d’écosystèmes.


Décentralisation
Lors de son passage devant la chambre des représentants le 3 juillet 2023, Jazouli a également expliqué qu’en plus de la prime territoriale, les régions bénéficieront de la possibilité de profiter à la fois du dispositif principal de soutien et des autres dispositifs de soutien des investissements mis en place par les régions, et d’une gouvernance unifiée et décentralisée permettant pour la première fois d’élaborer, d’approuver et de signer les conventions des projets d’investissements pouvant atteindre jusqu’à 250 millions de dirhams du montant total d’investissement au niveau régional.

Notons que ces projets représentent la majeure partie des projets d’investissements, ce qui réaffirme l’engagement du gouvernement à réussir le chantier de la régionalisation avancée et à renforcer le rôle des acteurs locaux dans le domaine de l’investissement. D’ailleurs, la commission nationale des investissements, réunie en mai dernier, a approuvé des projets d’investissement importants dans 8 régions différentes et 80 % des primes ont été accordées en dehors de l’axe Tanger-El Jadida.

L’ancien ministre délégué chargé de la coopération africaine aux Affaires étrangères (2019-2021) compte verrouiller ce nouveau virage. Pour celà, il s’attaque aux différentes failles qui font les talons d’achille du modèle marocain en termes d’investissement, l’accès au foncier, suivi des politiques publiques, et le manque de transparence dans certains secteurs. L’approche multidimensionnelle qui nécessite une synchronisation entre les différents acteurs. Ainsi, le dernier projet en cours est la création d’un observatoire de l’investissement. Le but ? Disposer d’indicateurs fiables pour suivre et évaluer le déploiement des stratégies publiques. Parmi ces différents facteurs, la répartition entre investissement privé et public, la part des investissements nationaux et étrangers ainsi que la répartition des investissements par secteur d’activité.

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