Aggravation des violences parentales contre les enfants

Un phénomène aux conséquences désastreuses pour la société

Malgré un arsenal juridique répressif et les mises en garde adressées par les associations de lutte contre les violences faites aux enfants, les violences parentales ne cessent de s’aggraver dans notre société. Plusieurs faits récents ont défrayé la chronique judiciaire.

La violence parentale contre les enfants est un phénomène très répandu dans notre société. Elle ne cesse de s’aggraver, malgré les mises en garde des associations de lutte contre les violences faites aux enfants. Le 2 septembre 2021, la Direction générale de la Sûreté nationale diffuse un communiqué où elle fait état de l’arrestation à Marrakech d’un père, âgé d’une soixantaine d’années, pour violence exercée sur son fils de 7 ans. Le plus grave est que la scène de la violence a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.

Atteint de blessures profondes au dos et aux bras, l’enfant a été admis à l’hôpital pour recevoir les soins nécessaires. La scène a provoqué un choc chez les Marocains, qui ont appelé à infliger les sanctions les plus sévères au père criminel. Cette affaire récente rappelle plusieurs autres affaires qui ont défrayé la chronique judiciaire.

La plus importante a été, sans aucun doute, celle de la petite fille, Malak, de Larache, qui a été violentée par sa mère. Bien que la scène s’est produite en plein confinement, en avril 2020, elle n’a été rendue publique qu’en novembre 2020. Sa diffusion a provoqué une vague d’indignation chez les Marocains au point qu’ils ont émis des doutes sur la maternité de cette femme envers sa fille. Arrêtée, la maman avait reconnu les faits qui lui sont reprochés mais avance sa simple volonté d’éduquer sa fille. Il faut dire que les violences contre les enfants sont sévèrement punies par la loi.

Les sanctions les plus sévères
Le Code pénal prévoit ainsi une peine d’emprisonnement entre un an et trois ans contre tout fait avéré de violence contre les enfants. Et les peines sont doublées lorsqu’il s’agit de personnes ayant un lien de parenté, d’autorité ou de tutelle avec l’enfant violenté. Le but pour la loi marocaine est de lutter efficacement contre ce phénomène, qui prend une ampleur considérable dans notre société.

Selon les dernières statistiques communiquées par le Ministère public, le nombre des affaires de violence aux enfants a certes baissé, pour passer de 6.702 affaires en 2018 à 5.650 affaires constatées en 2019. Mais le nombre des personnes arrêtées dépasse toutes les prévisions. Plus de 1.450 personnes sont des membres de la famille des enfants. Plus de 90% d’entre eux sont des pères tandis que les mamans ne représentent que 6%.

C’est dire que la violence contre les enfants vient en grande partie des hommes. Pour lutter contre ce phénomène, le Ministère public a adressé une circulaire aux différents parquets pour enquêter sur les cas de violence et présenter leurs auteurs à la justice pour subir les peines prévues par la loi.