Violences en France: le Quai d’Orsay recadre sèchement l’Algérie


La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna tacle l’Algérie. Interrogée par le très lu quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitun sur “l’Iran, la Turquie, l'Azerbaïdjan et l’Algérie (qui) ont publiquement tancé la France à cause des émeutes” ayant secoué l’Hexagone après la mort du jeune Nahel, tué par un tir policier le 27 juin dernier, la locataire du Quai d’Orsay a répondu que “certains pays au bilan catastrophique en termes de droits de l’Homme ont cru bon de nous donner des leçons : cela prêterait à sourire si leur population ne souffrait pas autant”. 

La ministre française n’a pas nommé de pays précis, mais sa réponse semble concerner les quatre pays mentionnés dans la question posée par le journal allemand, lesquels pays, notamment le trio Algérie-Iran-Turquie, entretiennent des relations tendues à des degrés variés avec Paris. 

Le 30 juin dernier, alors que la France était bouleversée par des violentes émeutes après la mort de Nahel, adolescent d’origine algérienne de 17 ans tué trois jours auparavant  par un policier lors d’un contrôle routier à Nanterre, la diplomatie algérienne avait publié un communiqué dans lequel elle dit avoir appris avec “choc et consternation la disparition brutale et tragique du jeune Nahel et des circonstances particulièrement troublantes dans lesquelles elle est intervenue”. 

“Le ministère des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger exprime ses très sincères condoléances à la famille du défunt et l’assure que son deuil et sa peine sont largement partagés dans notre pays", poursuit le même communiqué. Une tentative à peine dissimulée des autorités algériennes pour profiter de l’élan solidaire avec la victime en France. 

La diplomatie algérienne a également affirmé faire "confiance au gouvernement français pour assumer pleinement son devoir de protection, soucieux de la quiétude et de la sécurité dont doivent bénéficier nos ressortissants sur leur terre d’accueil". Et d’ajouter que “le gouvernement algérien continue à suivre avec une très grande attention les développements de cette affaire tragique, avec le souci constant d’être aux côtés des membres de sa communauté nationale au moment de l’adversité et de l’épreuve". Ce passage a été mal accueilli par une partie de la classe politique française qui a vu une forme d’”ingérence” algérienne dans les affaires internes de la France. 

 

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