Violations des droits humains, répression et désespoir au coeur du désert


Arrestations arbitraires, des enfants utilisés comme soldats, dégradations des droits humains, soif, famine… Au coeur des camps de Tindouf, un drame humain se joue dans les replis brûlants du désert.

Dans les camps de Tindouf, une vague de tensions sans précédent a récemment éclaté, atteignant des niveaux inquiétants depuis le lundi 29 mai 2023. Des sit-in, des manifestations et des incendies, ont secoué les environs des bureaux du chef du Polisario, Brahim Ghali. Au milieu de ce tumulte, de nombreux jeunes, de la tribu des Rguibat Souaâd, accusés d’avoir déclenché un incendie visant les locaux répressifs du Polisario dans le camp de «Smara», ont été appréhendés et emprisonnés à Dheibia, un lieu infâme de tortures où le Polisario a systématiquement fait disparaître ses opposants depuis les années 1980. Parallèlement, des femmes participant à des sit-in ont été victimes de violences sauvages infligées par les milices séparatistes, mardi 30 mai 2023, à proximité du siège central du Polisario à Rabouni.

La tension risque de monter encore d’un cran dans les camps de « Lahmada », où des appels à la révolte ont été lancés ce mardi sur les réseaux sociaux, exigeant, si nécessaire, le recours aux armes pour se défendre contre la répression violente menée par les milices de Brahim Ghali. La situation dans les camps de Tindouf reste tendue, et ces événements récents soulignent les défis auxquels sont confrontés les séquestrés, en particulier les femmes et les jeunes. Depuis les années 1970, les camps de Tindouf ont été le refuge des sahraouis, mais aussi d’algériens et mauritaniens, pris au piège du conflit fomenté par Alger, et leur situation n’a cessé de se détériorer.


En plus de la dictature du Polisario, la vie au sein des camps de Tindouf est un combat perpétuel pour la survie. Les caprices du climat s’acharnent sur ces terres arides, où les températures atteignent des sommets insoutenables le jour, tandis que les nuits glacées glissent leur manteau impitoyable. L’eau, rare et précieuse ressource, fait défaut. Les maigres ressources alimentaires ne suffisent pas à combler les ventres vides, et la malnutrition se tisse dans les corps meurtris des plus vulnérables, particulièrement les enfants. Les abris sont précaires, sous forme de tentes usées par le temps, structures rudimentaires, tout est fait de débrouillardise et d’espoir fragile. Une situation inquiétante qui alarme la scène internationale.

Des rapports cinglants
Les rapports alarmants de l’Observatoire International de la Paix, de la Démocratie et des Droits de l’Homme (IOPDHR) à Genève, publié en mars 2023, et du Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, soulignent la gravité de la crise humanitaire dans les camps de Tindouf. Le premier rapport souligne l’absence d’un cadre législatif sur l’asile conforme aux accords internationaux, mettant en évidence la responsabilité du Haut-Commissariat aux Réfugiés et de l’Algérie en tant que pays hôte.

Le «Polisario», qui gère les camps, est accusé de violer les droits de l’Homme et de réprimer les populations sans possibilité de recours. L’aide humanitaire internationale est devenue vitale pour la survie de la population séquestrée dans les camps de Tindouf, mais elle est insuffisante et souvent détournée, comme l’a révélé l’agence anti-fraude de la Commission européenne, l’OLAF. De plus, le recrutement d’enfants soldats par les milices armées du Polisario a été dénoncé par des organisations internationales, suscitant l’indignation et la préoccupation de la communauté internationale.

L’ONU identifie également d’autres défis tels que les soins de santé, l’éducation, l’énergie et le logement. La situation devient de plus en plus alarmante, avec des menaces à court terme pour la sécurité alimentaire et l’accès aux services de base. Dans cette tragédie humaine, le Maroc ne cesse de lutter pour trouver une solution aux séquestrés Marocains à Tindouf, sauf que l’attention soutenue et les actions concertées à l’international demeurent les seuls phares d’espoir pour leur entrevoir une existence digne, libérée des chaînes du désespoir.

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