Va-t-on vers la vaccination obligatoire?

Les derniers bilans quotidiens de la situation épidémiologique pulvérisent tous les records

A quelques semaines seulement des élections législatives, le gouvernement prolonge l’état d’urgence sanitaire et cherche à rendre la vaccination obligatoire, s’appuyant sur des bilans quotidiens de la situation épidémiologique qui montent en flèche.

Après le pass vaccinal, se diriget- on vers la vaccination obligatoire? En se référant à une circulaire adressée aux directeurs régionaux de la Santé le 27 juillet 2021, le ministère de la Santé recommande la vaccination obligatoire, en vertu du décret-loi n°2-20-2922, qui date du 23 mars 2020, qui édicte des dispositions particulières à l’état d’urgence sanitaire. Cette recommandation vise à protéger la population et à réduire la transmissibilité du covid-19. Finis donc les discours relatifs à la liberté de faire ou de ne pas faire le vaccin. Désormais, on veut imposer aux jeunes la vaccination, sachant que cette catégorie est la plus réticente.

Réaction allergique
Le département de Khalid Aït Taleb s’appuie donc sur la situation épidémiologique qui s’aggrave pour faire accepter ce choix imposé. D’ailleurs, sa décision d’ouvrir les centres de vaccination devant tous les non-vaccinés même s’ils sont en dehors de leur lieu de résidence va dans le sens de l’atteinte de cet objectif. En plus, le Comité scientifique a recommandé la levée des contre-indications pour les femmes enceintes et allaitantes. Ce qui veut dire que le vaccin ne constitue pas de risque sur les femmes enceintes à partir du deuxième trimestre, selon des données scientifiques.

Il y a aussi le maintien de la vaccination pour les personnes ayant des antécédents d’allergies en dehors du «Choc anaphylactique» et «Oedeme de quincke» et ceux qui ont eu une réaction allergique lors de la première dose. Les personnes ayant des maladies infectieuses en phase aigüe, y compris la Covid- 19 sont aussi exclues. Quoi qu’il en soit, les chiffres de ces derniers jours inquiètent sérieusement. Le Maroc a enregistré, jeudi 29 juillet 2021, 8.995 nouveaux cas et 32 décès.

La veille, mercredi 28 juillet 2021, c’était le bilan quotidien le plus dramatique depuis le début de l’épidémie, avec plus de 9.400 cas dont la seule région de Casablanca-Settat accapare plus de 3.400 cas. Ce jour-là, le nombre de guérisons a atteint 1.766. Aussi, 27 décès ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures, portant le nombre total des victimes du Covid- 19 à 9.665.

Pour ce qui est des bénéficiaires du vaccin, leur nombre a atteint 12.971.479 depuis le début de la campagne, tandis que les personnes complétements vaccinées est de 10.015.447. Le bilan des sept derniers jours est encore plus alarmant. Le Royaume a connu plus de 30.000 cas positifs au covid-19 en une semaine.

Comment peut-on expliquer cette dégradation soudaine de la situation épidémiologique du Royaume depuis la fête du sacrifice? Y a-t-il un lien de cause à effet? Est-ce que l’activité intense, touristique et économique, attribuée à l’arrivée de centaines de milliers de MRE à leur pays d’origine y est pour quelque chose? Est-ce que cette augmentation marque le début d’un pic épidémique?

Et si la vaccination devient obligatoire, n’estce pas là un bafouement des libertés fondamentales? Va-t-on imposer une sanction aux réfractaires? En attendant une réponse à ces questions dans les prochains jours, le gouvernement a reconduit d’un mois le prolongement de l’état d’urgence sanitaire au 10 septembre, juste après les élections législatives, communales et régionales.