Campagne de vaccination: Johnson & Johnson et Spoutnik v pour accélérer la cadence

Afin de poursuivre sa campagne de vaccination sur un bon rythme, le Maroc ne va plus se contenter des deux vaccins qu’il a jusqu’ici utilisés.

Le Maroc ne devrait plus compter uniquement sur les vaccins anti Covid-19 du britanno-suédois AstraZeneca et du chinois Sinopharm, qui lui ont d’ores et déjà permis de vacciner plus de 4 millions de personnes depuis le démarrage de la campagne nationale de vaccination le 28 janvier 2021. C’est ce que l’on peut en tout cas conclure de la décision prise ce mardi 9 mars 2021 par le comité national technique et scientifique consultatif de vaccination d’autoriser également l’utilisation des vaccins de l’américain Johnson & Johnson ainsi que le vaccin russe Spoutnik V.

Il faut dire que c’est pratiquement au compte-gouttes que le Royaume reçoit des doses de la part des laboratoires concernés, alors même que son infrastructure logistique est fin prête depuis plusieurs mois comme l’a démontré le déroulement de la campagne de vaccination, saluée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ellemême sur le réseau social Twitter le 3 mars 2021. Le dernier arrivage en date est celui des 500.000 doses du vaccin de Sinopharm acheminé depuis la Chine par la compagnie aérienne nationale de la Royal air Maroc (RAM) le 7 mars 2021.

Prioriser les besoins
Au total, le Maroc a seulement reçu 8,5 millions de doses, à savoir 7 millions de la part d’AstraZeneca et 1,5 million de Sinopharm. C’est que bien évidemment chaque pays préfère réserver les doses produites à sa population, comme ne s’en était d’ailleurs pas caché le PDG et propriétaire de Serum Institute of India (SII), Adar Poonawalla, dans un tweet publié le 21 février 2021. Ce dernier, dont le laboratoire avait été sélectionné le 4 juin 2020 par AstraZeneca pour fournir un milliard de doses de son vaccin aux pays à revenu faible ou intermédiaire, dont le Maroc, avait révélé qu’il lui avait été demandé de prioriser les besoins “énormes” de l’Inde. Le bruit court même que les autorités marocaines ont surpayé le vaccin d’AstraZeneca pour pouvoir obtenir les doses qu’il a pour l’heure reçues du SII.

Le 22 février 2021, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait pour sa part critiqué “certains pays riches [qui] sont actuellement en train d’approcher les fabricants pour s’assurer l’accès à des doses de vaccins supplémentaires”. En tout cas, le Maroc ne gagnerait pas que sanitairement, mais aussi logistiquement s’il parvient à s’assurer des doses du vaccin de Johnson & Johnson et du Spoutnik V, dans la mesure où ces deux derniers, qui sont des vaccins à vecteur viral non réplicatif à l’instar de ceux d’AstraZeneca et de Sinopharm, peuvent se contenter d’une température comprise entre 2 et 8ºC pour être préservés.

Spoutnik V en particulier, qui est autorisé dans 45 pays si l’on inclut désormais le Maroc, y compris l’Algérie et la Tunisie voisines, ferait l’objet de l’intérêt des importateurs marocains depuis au moins la fin de l’été, du moins si l’on en croit l’ambassadeur de Russie à Rabat, Valerian Shuvaev. Ce dernier en avait en tout cas fait état dans des déclarations publiées le 3 septembre 2020 dans l’agence de presse russe Sputnik, sans que cela ait été, ceci dit, suivi d’effet.

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