Vaccin Anti-Covid: L'OMS désapprouve la 3ème dose

D’après des experts de l’OMS, la baisse du taux d’anticorps chez les personnes vaccinées ne signifie pas pour autant que les vaccins seront moins efficaces contre les formes graves.

La généralisation de la troisième dose de vaccin anti-Covid-19 à toute la population ne se justifie pas. C’est ce qu’a fait savoir un groupe d’experts internationaux, composé de spécialistes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l’Agence américaine du médicament (FDA) et de plusieurs organismes de recherche à travers le monde. «Les données actuelles (…) ne montrent pas le besoin de rappels de vaccin en population générale, chez laquelle l’efficacité contre les formes graves reste élevée», expliquent-ils dans un article publié lundi 13 septembre dans la revue médicale britannique The Lancet.

Selon ces experts, les priorités sont ailleurs. «Ces vaccins, qui sont en quantité limitée, sauveront plus de vies s’ils sont fournis aux personnes qui ont un risque important d’être atteintes par une forme grave (du Covid) et n’ont pas encore été vaccinées».

Le Maroc privilégie les personnes à risque
Ces scientifiques expliquent que la baisse du taux d’anticorps chez les personnes vaccinées ne signifie pas pour autant que les vaccins seront moins efficaces contre les formes graves. L’immunité cellulaire, due aux lymphocytes entre en jeu, tout en étant moins facilement mesurable, pour renforcer la réponse immunitaire, précisent- ils. Ces experts préconisent plutôt l’injection de rappels spécifiquement conçus pour contrer la progression des variants résistants qui pourraient apparaître à l’avenir, plutôt que d’administrer des doses supplémentaires de vaccins existants.

Ce point de vue exprimé par ce panel d’experts intervient dans un contexte marqué par l’autorisation de ladite dose dans certains pays dont la France qui a donné le feu-vert pour vacciner les personnes âgées six mois après leur deuxième dose, ainsi que celles ayant un système immunitaire affaibli. Les autorités sanitaires disent avoir pris cette décision après avoir constaté une baisse de l’efficacité des vaccins contre le variant Delta qui pourrait se poursuivre au fur et à mesure.

Les États-Unis prévoient aussi de lancer une campagne dans ce sens à partir du 20 septembre, qui devrait cibler également cette population. Israël a lui pris les devants en l’autorisant dès l’âge de 12 ans, cinq mois après l’injection des deux doses.

Au Maroc, par contre, toute la population ne sera pas concernée par cette troisième dose, validée par le Comité scientifique début septembre. Elle sera injectée prioritairement aux personnes à risques tels que le personnel de la santé toutes catégories confondues, les personnes âgées de plus de 65 ans, ainsi que les personnes atteintes de comorbidités.