Le vaccin, difficile de s'en passer

LES MAROCAINS REVIVENT DEPUIS QU’ILS SONT VACCINÉS, MAIS ON EST LOIN D’EN AVOIR FINI AVEC L’ÉPIDÉMIE.

Même les nouveaux traitements que sont les pilules antivirales n’y peuvent rien. Le vaccin est le seul moyen, avec les mesures barrières, de réduire notablement la transmission du virus. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’attend même à la seconde génération de vaccins anti-Covid. Pas moins de 129 vaccins sont à l’examen, dont certains en phase d’essais cliniques, et donc testés sur des êtres humains, qui auraient l’avantage d’être plus faciles à utiliser. «Ils sont encore à l’étude mais je suis sûre que certains d’entre eux seront très sûrs et efficaces, et d’autres moins», a précisé la scientifique en chef de l’OMS, Soumya Swaminathan, sur les chaînes de l’Organisation sur les réseaux sociaux.

Même les nouveaux traitements que sont les pilules antivirales annoncées notamment par les géants américains du médicament Merck et Pfizer ne vont pas désengager les gens de la vaccination. Ils ne se substitueront en aucun aux vaccins. D’ailleurs, certains infectiologues américains de renom comme le Professeur Anthony Fauci n’ont pas manqué de décourager leurs compatriotes de miser sur la possibilité de prendre ces médicaments au lieu de se faire vacciner.

Si le Maroc fait partie des bons élèves en matière de vaccination, compte tenu de l’état actuel d’avancement de la campagne de vaccination, qui s’est déroulée sans incident, ce qui a donné lieu à une baisse significative des cas positifs à la Covid-19 au cours des deux dernières semaines et confirmé la fin de la troisième vague de contaminations au niveau national, il n’en reste pas moins que le niveau atteint ne permet pas d’être totalement serein face à une nouvelle vague. Puisque des cas sont enregistrés parmi les personnes non vaccinées et chez certaines personnes dont la vaccination a dépassé les six mois.

Certes les marocains revivent depuis qu’ils sont vaccinés, mais le Maroc est loin d’en avoir fini avec l’épidémie de coronavirus. C’est dans cet esprit que le gouvernement appelle tout un chacun à continuer à respecter les mesures préventives et sanitaires en vigueur, et invite les non-vaccinés et les personnes concernées par la troisième dose à se rendre aux centres de santé mis à leur disposition pour se faire vacciner, afin de renforcer les efforts visant à accélérer le retour à la vie normale. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un appel à l’esprit de responsabilité des personnes qui n’ont reçu aucune dose de vaccin, alors même que vaccinées, elles ont, et de loin, moins de chances d’être hospitalisées en soins critiques. Car, qu’on le veuille ou non, une quatrième vague menace.

Même certains pays jusque-là épargnés, particulièrement en Europe, n’ont pas pu éviter, tout récemment, que leur taux d’incidence n’atteigne des niveaux record. Jugeant «très précoce», le rythme de propagation virale, l’OMS a, d’ailleurs, sonné l’alarme, en déclarant qu’en absence de pare-feu, une cinquième vague pourrait faire des milliers de victimes supplémentaires sur le Vieux Continent. A priori, le Maroc semble bien armé pour résister aux évolutions de l’épidémie, mais des signaux d’alerte sont plus que jamais très présents. D’où l’intérêt de continuer, et de plus belle la campagne de vaccination. Le passe sanitaire risque d’avoir encore de longs mois devant lui.