DANS TROIS SEMAINES, QUATRE SEMAINES SELON TRUMP

VACCIN CONTRE LA COVID-19

À en croire le président américain, un vaccin contre la Covid-19 pourrait être fin prêt aussi tôt que le mois d’octobre. Ses adversaires contestent toutefois un coup électoral de sa part.

Le président américain, Donald Trump, persiste et signe. Un vaccin contre la pandémie de Covid-19 sera prêt, assure-t-il, avant la fin de l’année. Il a même parlé, dans une interview accordée à la chaîne de télévision américaine ABC News et diffusée dans la soirée du 15 septembre 2020, d’un délai de “trois semaines, quatre semaines” seulement avant sa mise sur le marché, ce qui est encore plus optimiste que des annonces qu’il avait faites quelques semaines auparavant. “Nous sommes très proches,” a-t-il déclaré.

Dans leurs réactions, les opposants de M. Trump ont vu, dans ses propos, un simple coup électoral dans la perspective des présidentielles américaines prévues le 3 novembre et au cours desquelles le milliardaire républicain espère se faire élire pour la deuxième fois consécutive, après sa victoire au scrutin du 8 novembre 2016 face à l’épouse de l’ancien président américain Bill Clinton, Hillary Clinton. Ainsi, son adversaire démocrate, l’ancien vice-président Joe Biden, s’il se dit confiant dans la mise au point d’un vaccin contre la Covid-19, considère toutefois qu’il ne peut pas en dire autant de l’actuel locataire de la Maison- Blanche.

“Simple coup électoral”
Du côté du personnel scientifique, le directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), Robert Redfield, a, lui, confié au Congrès, où il avait été convié par les élus du parlement américain pour s’exprimer au sujet de la pandémie, qu’il ne pense que le vaccin soit disponible “avant le deuxième ou troisième trimestre de 2021”, et ce même si les tests menés actuellement par les laboratoires s’avéraient concluants. Un avis qui fait écho à celui exprimé le 3 septembre sur la station de radio américaine NPR par l’immunologue d’origine marocaine Moncef Slaoui, en tant que conseiller en chef de l’opération Warp Speed, lancée le 15 mai par M. Trump dans l’objectif de mettre aussitôt que possible à disposition de la population des États-Unis un vaccin contre la Covid-19.

“Il y a de très, très faibles chances que les essais en cours au moment où nous parlons puissent être interprétés avant la fin du mois d’octobre,” avait insisté le spécialiste. Pour l’heure donc le seul vaccin se trouvant sur le marché est Spoutnik V, mis en circulation le 8 septembre par la Russie, cependant que de nombreux scientifiques estiment dangereux le fait que les tests à son égard n’aient pas pris davantage de temps, et ce en dépit de ses résultats positifs tels que l’avait affirmé une étude publiée le 4 septembre dans la revue médicale britannique The Lancet.

L’ambassadeur de Moscou à Rabat, Valerian Shuvaev, avait révélé le 3 septembre, dans une dépêche publiée par l’agence de presse russe Sputnik, que “les importateurs marocains ont manifesté leur intérêt pour la proposition russe de leur fournir” le vaccin produit par son pays. Officiellement, cependant, il n’a pour l’heure été question, côté marocain, que de participer aux tests de la compagnie pharmaceutique chinoise Sinopharm, pour un vaccin que celle-ci a sorti de ses laboratoires, la chose ayant même fait l’objet d’un appel téléphonique, le 1er septembre, entre le roi Mohammed VI et le président chinois Xi Jinping.


Laisser un commentaire

Merci de cocher cette case
X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger