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Vaccin Anti-Covid: El Othmani accuse les labos

Ce sont, d’après le Chef du gouvernement, les fournisseurs qui retardent le début de la campagne de vaccination, non les autorités.

Le Maroc a-t-il été trop confiant envers les laboratoires quant à la livraison des 65 millions de vaccins anti-Covid-19 qu’il a commandés auprès d’eux? Car si, d’un côté, le Royaume est fin prêt pour organiser la plus grande campagne de vaccination de son histoire, avec notamment le ministère de la Santé et celui de l’Intérieur qui sont en ordre de bataille depuis fin décembre, il tarde toutefois, de l’autre, à recevoir ses doses.

Et à la Chambre des conseillers ce 19 janvier 2021, où il s’est présenté pour une séance de questions orales, le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, a, pour la première fois, directement visé Sinopharm et AstraZeneca, les deux laboratoires dont les vaccins seront utilisés au cours de la campagne. Certes, ces laboratoires font face à une forte demande, que M. El Othmani estime à 10 milliards de doses, et ce d’abord dans les pays où ils se trouvent, à savoir la Chine pour le premier et le Royaume-Uni et la Suède pour le deuxième.

Le Chef du gouvernement a, à cet égard, rappelé qu’ils étaient douze pays seulement, sur 193, à avoir d’ores et déjà démarré leurs campagnes de vaccination respectives. Et qu’au surplus, ces pays euxmêmes manquaient encore de doses.

Mais cela, c’était prévu. D’ailleurs, faisant le parallèle avec ce qui s’était passé au tout début de la pandémie avec l’hydroxychloroquine, où les pays producteurs, dont le Maroc, avaient fait en sorte de réserver les stocks à la disposition de leurs propres populations pour traiter leurs malades, de nombreux observateurs avaient averti que tout un chacun privilégiera, le moment venu, en priorité les siens.

Exercice de communication
Et c’est ce qu’on est en train de voir par exemple avec l’Inde, qui produit pour le Royaume, entre autres, le vaccin d’AstraZeneca et qui, à ce jour, n’a pas encore livré la moindre dose. Les autorités marocaines ont-elles, cependant, reçu des assurances, finalement jetées aux orties? Car on imagine mal le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, sortir le chiffre de 10 millions de doses prêtes à être reçues de nulle part.

D’ailleurs, au moment où, le 9 novembre, le roi Mohammed VI avait donné ses orientations pour le lancement de la campagne, suite à l’avis favorable du comité national scientifique ad hoc, le Cabinet royal se félicitait de ce que “le Royaume a pu occuper un rang avancé dans l’approvisionnement en vaccin”.

Ce qui, à l’évidence, abonde dans ce sens. Si l’intervention de M. El Othmani au parlement est, assurément, un premier pas, cela ne saurait toutefois suffire et il faut qu’un exercice de communication transparent se fasse en direction des Marocains, et qu’on leur explique le pourquoi de l’ensemble des effets d’annonce des trois derniers mois.

Et cela ils le méritent aussi bien en tant que citoyens majeurs, quoique donc non encore vaccinés, que, particulièrement, au vu des sacrifices personnels qu’ils ont consentis pour que la pandémie cesse de s’étendre.