Usine de production de vaccins de Benslimane

Les travaux avancent à grands pas

La réception des équipements destinés à l’assemblage de la future usine de vaccins de Benslimane constitue une avancée majeure dans la construction de cette infrastructure, dont l’objectif est de faire du Maroc un hub dans la production biopharmaceutique et vaccinale en Afrique.

Dimanche 12 juin 2022, un gigantesque bateau accoste au port de Casablanca. Terminus d’un long périple de plus d’un mois dans l’océan, qu’il avait entamé le 8 mai dernier au port de Shanghai. Son nom, Pilecki. A bord, 111 éléments d’un poids total de plus de 35.000 tonnes, étalés sur une superficie d’environ 10.000 mètres carrés, soit presque la taille d’1,5 terrain de football standard.

Mais détrompez-vous! Il ne s’agit nullement de matériels destinés à la construction d’un nouveau stade. Ce sont plutôt les équipements et modules qui serviront à l’assemblage de la future usine de production de vaccins basée à Benslimane. Des composants d’un volume total de 40.000 mètres cubes, soit l’intégralité d’une usine clé en main, selon Mark Funk, PDG de Sensyo Pharmatech, gestionnaire de ce projet. Pour lui, la réception de ce matériel constitue une avancée majeure dans la construction de cette usine. «Notre objectif est de mettre en place cette usine le plus rapidement possible et de respecter les délais», a-t-il déclaré.

Production locale
D’après celui qui est également le patron de Recipharm, groupe suédois spécialisé dans la biotechnologie, l’industrie du remplissage et le conditionnement, qui participe également à ce projet, l’assemblage de ces différents équipements permettront au Maroc «de se doter d’une capacité de manufacture de vaccins et de médicaments en milieu aseptique pour ses besoins et ceux du continent».

Ces équipements débarquent dans le Royaume moins de cinq mois après le lancement des travaux de réalisation de cette future infrastructure, lancés le 27 janvier dernier par le roi Mohammed VI à Benslimane. Objectif, faire du Maroc un hub dans la production biopharmaceutique et vaccinale en Afrique. Concrètement, trois lignes industrielles qui fabriqueront des seringues pré-remplies, des flacons de liquides des flacons lyophilisés y seront construites pour un coût qui devrait dépasser les 200 millions d’euros.

A en croire Samir Machour, expert international en biotechnologie industrielle, la production se fera en trois phases. La première étape, qui débutera en principe le 30 juillet 2022, consistera à produire des lots d’essais pour permettre au Royaume d’avoir une capacité de production locale dans la mise en seringue et l’emballage des vaccins. La deuxième phase concernera la fabrication du vaccin et la mise en place de projets liés à la recherche et développement (R&D) pour créer des vaccins et produits biotechnologiques made in Morocco.

Ce qui permettra, selon lui, au Maroc de disposer d’une capacité de production de 160 millions d’unités, soit 600 millions de doses, avec une moyenne de 5 doses par unité. Mieux, précise l’expert, cette capacité atteindra six à neuf milliards de doses d’ici à 2025, «ce qui pourrait couvrir les besoins mondiaux en matière de vaccins, et permettra de positionner le Maroc au 2e ou en 3e rang mondial en la matière».