USFP: Lachguar s'ouvre une voie Royale pour rester

Il avait promis, en mars 2019, de céder le témoin, mais le premier secrétaire du parti de la rose semble coûte que coûte vouloir rester aux commandes. Pour ce faire, il a commencé par faire changer les statuts, en attendant, éventuellement, d’écraser le prochain congrès.

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, disait l’ancien président français Jacques Chirac. Une règle morale bien douteuse que le premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachguar, semble avoir faite sienne. Ayant promis, dès mars 2019, qu’il n’essaierait pas de rempiler à la tête du parti de la rose, dont il tient les rênes depuis décembre 2012, l’intéressé vient de pousser pour un changement des statuts, de sorte à pouvoir se présenter pour un troisième mandat au prochain congrès prévu du 29 au 31 janvier 2022 dans la ville de Bouznika.

Ce samedi 18 décembre 2021, le conseil national, réuni en conclave au siège de la formation dans la capitale, Rabat, a, par 201 voix contre neuf votes négatifs seulement, accepté de se plier à ses désidératas. Mais il y a plus: le mode de choix du premier secrétaire, qui ne serait plus élu par les congressistes au vote secret mais plutôt par les secrétariats régionaux, lui pave la voie pour être réélu, dans la mesure où ces secrétariats dépendent de lui et sont constitués par ses fidèles.

Un bilan relativement flatteur
Sans compter les conditions sinon draconiennes, du moins drastiques dont devront se prévaloir les candidats pour se présenter, tels par exemple un passage d’une décennie au sein des instances dirigeantes. Pour par exemple l’ex. ministre délégué aux Marocains résidant à l’étranger et aux Affaires de la migration et adversaire déclaré de M. Lachguar, Abdelkrim Benatiq, cette refonte des statuts constitue un recul de trente ans en matière de démocratie dans l’histoire de l’USFP.

Un sentiment qui doit aussi être partagé par les autres candidats, à l’instar de l’ancienne député Hasnae Abouzaïd, que beaucoup annonçaient aussi comme une des favorites. On compte également dans les rangs des personnalités qui souhaitent prendre la relève de M. Lachguar le militant et poète Abdelmajid Moumer Ziraoui, leader du courant “ould chaâb”, fils du peuple.

En tout cas, tout cela ne semble rien augurer de bon pour l’USFP, qui pourrait éventuellement voir, en cas de réélection de M. Lachguar, le spectre de la scission venir peser sur lui. Rappelons que sous M. Lachguar même, le parti avait connu le départ, en février 2015, des membres du courant “ouverture et démocratie”, fondé par l’ancien député Ahmed Zaïdi et dont l’ancien député Ali El Yazghi avait fini par prendre la tête suite au décès du premier cité en novembre 2014.

M. Lachguar peut ceci dit s’enorgueillir d’un bilan relativement flatteur, ayant permis à l’USFP de figurer, à partir d’avril 2017, au gouvernement tout en ayant sous sa présidence la Chambre des représentants, de même que le parti s’est vu gagner quatorze sièges au cours des dernières législatives du 8 septembre 2021 -avec, ceci dit, un quotient électoral favorable. Suffisant pour faire oublier son ancienne promesse de céder le témoin?.