L'université Ibn Tofail cède un brevet d'invention à une entreprise privée

Qui a dit que l'université ne produit pas de brevets?

La cession de ce brevet s’inscrit dans le cadre de la stratégie mise ne place par l’Université Ibn Tofail pour la commercialisation de la propriété intellectuelle, visant à valoriser et transférer les résultats de la recherche académique vers le monde socio-économique

C’est une action sans précédent et un exemple: c’est la première fois au Maroc qu’une université publique cède un brevet d’invention au bénéfice d’une entreprise du secteur privé ! Il s’agit d’un brevet portant sur la «production, formulation et recyclage d’un produit biofongicide et biostimulant à base de Tricoderma Aspirilum» dont le contrat de cession vient d’être signé, le lundi 18 janvier 2021 , entre l’Université Ibn Tofail de Kénitra et ATRACO, une entreprise spécialisée dans la commercialisation des produits agricoles basée à Casablanca.

La cérémonie de signature a été organisée dans les locaux de l’institution sous la présidence du ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Saaid Amzazi, et en présence du ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Driss Ouaouicha.

M. Amzazi n’a pas manqué de saluer à cette occasion cette initiative remarquable qui représente le genre d’aboutissement que les projets de recherche universitaire devraient avoir. «Je pense que l’université Ibn Tofaïl a tout compris. Elle a adopté la démarche qu’il faut pour attirer l’intérêt des entreprises pour ses réalisations», a relevé le ministre, mettant en avant la nécessité urgente d’instaurer une recherche scientifique «utile et impactante qui apporte une plus-value et une création de richesse à notre économie».

Le responsable a signalé à cette occasion qu’une évolution notable a marqué le nombre des brevets déposés par les universités marocaines, indiquant que pas moins de 136 ont été déposés en 2020 contre 108 en 2019, soit une hausse de 26%.

Propriété intellectuelle
Selon le ministre, il s’agit d’une «évolution considérable» en l’absence d’une stratégie d’innovation en bonne et due forme. «Aujourd’hui, tous les ingrédients sont rassemblés pour qu’on puisse entamer cette stratégie d’innovation», a-t-il estimé. «Il ne suffit pas de déposer des brevets, mais il faut valoriser l’apport de ces brevets. Il faut absolument créer ce trait d’union entre le monde de l’entreprise et le monde académique», a insisté M. Amzazi.

A noter que la cession de ce brevet s’inscrit dans le cadre de la stratégie mise ne place par l’Université Ibn Tofail pour la commercialisation de la propriété intellectuelle, visant à valoriser et transférer les résultats de la recherche académique vers le monde socio-économique, sous forme de nouveaux produits et services, et ouvrant la voie au développement et au renforcement du partenariat entre les secteurs public et privé.