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L'union générale des entreprises intente un procès au gouvernement

FAILLITE DES TPME ET PME

Lors de sa réunion de samedi 13 février 2021, au siège de la confédération, le bureau exécutif de l’Union générale des entreprises et des professions a validé la demande pressante de plusieurs fédérations sectorielles de poursuivre le gouvernement devant le tribunal administratif pour la fermeture de milliers de petites et très petites entreprises (PME et TPME) sans aucune mesure de compensation.

Pour Moulay Ahmed Afilal, le président de l’UGEP, une confédération patronale proche du Parti de l’Istiqlal, la crise sanitaire a mis à mal l’économie nationale, c’est un fait. «Mais que le gouvernement décide d’arrêter le travail de tel ou tel secteur sans subventionner les professionnels, cela a poussé près de 20000 très petites, petites, voire même des moyennes entreprises à déclarer faillite. Celles qui résistent encore risquent de leur emboîter le pas sous peu. Cela concerne tous les secteurs du textile en passant par les services, le BTP ou encore l’artisanat… En tant qu’UGEP, nous avons alerté plusieurs fois le gouvernement sur cette situation sans aucune réponse... Reste donc à saisir le tribunal administratif pour casser la décision gouvernementale de maintenir fermés plusieurs secteurs économiques… »

Le président de l’UGEP rappelle que dans des pays qui ont été obligés de fermer les entreprises, des subventions ont été accordées à ces dernières, contrairement au Maroc. «Des dizaines de petites entreprises n’ont même pas pu bénéficier des produits bancaires créés à l’occasion de la crise sanitaire actuelle et le gouvernement n’a même pas daigné nous répondre. Ajouter à cela le fait que des saisies ont été exécutées sur certaines entreprises, des dirigeants de PME se retrouvent devant la justice pour des chèques impayés…

Autrement dit, le gouvernement n’a même pas pris la peine de mettre un moratoire sur l’exécution des jugements visant les entreprises en arrêt de travail…. Et j’en passe», précise Moulay Ahmed Afilal. Fils du leader syndicaliste Abderrazzak Afilal, secrétaire de l’UGTM (1960/2006) mort le 25 octobre 2020, M. Afilal tient à relever que derrière toute entreprise qui ferme, ce sont au bas mot une dizaine d’ouvriers directs ou indirects qui sont au chômage. Rien que pour les bains maures, ce sont parfois une quinzaine de familles qui vivent de cette activité. «C’est vous dire que le problème concerne les entrepreneurs, certes, mais aussi les employés. Le taux de chômage a atteint des niveaux inquiétants et le début de 2021 n’est pas rassurant non plus. On espère que la justice sera de notre côté…», conclut-il.