Bienvenue au pays de la fraternité sélective !

Accueil des ukrainiens en France

Les entreprises commencent à se les arracher. Pas de panique pour l’avenir de leurs enfants. Ils seront intégrés dans le système éducatif. Leur plus grand mérite? Ils sont européens, eux.

Heureux qui comme les Ukrainiens ont fait un beau voyage et déposé leurs valises à Paris. Loin de la guerre et des calvaires, ils pourraient y mener une vie pépère. Au pays de Jean d’Arc, ils sont choyés et se font désirer. Même les médias mainstream sont aux petits soins avec eux. Depuis le déclenchement de l’offensive russe, ils leur consacrent des éditions spéciales et couverture médiatique à longueur de journée pour vanter les vertus de la solidarité française. La menace islamiste et la migration, sempiternelles thématiques favorites des chroniqueurs TV à la veille de la présidentielle, cèdent la place à la compassion. Hébergements, mesures d’accompagnement, restauration… Rien n’échappe aux caméras. Une propagande médiatique qui se marie à une redéfinition des concepts. Eh oui! Exit «la crise migratoire», place aux réfugiés!

D’ailleurs, pour le Premier ministre, Jean Castex, le logement ne sera pas un casse-tête. Au moins, 100.000 hébergements sont déjà disponibles pour ces réfugiés. Et paradoxalement, la France avait enregistré, en tout et pour tout, 103.000 demandes d’asile en 2021, selon l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Point de soucis pour Paris. Aux grandes causes, les gros moyens. Cerise sur le gâteau, ils bénéficient de la protection temporaire. Un statut valable six mois et renouvelable pendant trois ans qui leur permettra de percevoir une allocation de 426 euros, au même titre que les demandeurs d’asile. Sauf que les Ukrainiens pourront travailler, alors que les seconds doivent patienter pendant six mois, temps nécessaire pour étudier leurs dossiers.

Certaines entreprises de l’Hexagone commencent d’ailleurs à se les arracher. Pas de panique pour l’avenir des enfants. Ils seront intégrés dans le système éducatif. Logés, nourris, et transportés gratuitement pour circuler partout en France. Cadeau de la SNCF. Qui dit mieux?

Mais détrompez-vous! Ce package sympathique est exclusivement réservé aux concitoyens du président Zelensky. Même les Syriens, Irakiens, et Afghans, sinistrés après les guerres intenses dans leurs contrées, n’ont su bénéficier de telles faveurs pour cause de… «problématique d’éloignement culturel». Et si, en tant que ressortissants subsahariens, maghrébins ou moyen-orientaux, vous décidez de fuir les bombes de Poutine pour vous mettre à l’abri sous la Tour Eiffel, vous risquez tout bonnement d’être vigoureusement refoulés, à vos risques et périls. Comme les migrants de Calais. Telle est la clause du tri ethnique de l’Elysée.

Une solidarité à géométrie variable en fonction de la tête du réfugié, agrémentée de racisme décomplexé. Que dire des propos du président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale, Jean-Louis Bourlanges, qui qualifie cette immigration ukrainienne «de grande qualité, dont on pourra tirer profit». Comme si les autres constituaient des fardeaux pour la France. Oubliant, volontairement, que les Africains et les Maghrébins contribuent considérablement à la croissance de son pays, à travers plusieurs pans de l’économie et font briller ses couleurs de mille feux, durant les compétitions sportives.

Serait-il nostalgique des heures de gloire de la fameuse Blanc-Black-Beur chez les «Bleus», qui est d’ailleurs toujours d’actualité…? Même les médias surfent sur cette ligne. En atteste cette déclaration d’un journaliste de BFM TV: «On ne parle pas là de Syriens qui fuient les bombardements du régime (…). On parle d’Européens qui partent dans leurs voitures qui ressemblent à nos voitures, et qui essayent juste de sauver leur vie». Bienvenue au pays de l’inégalité et de la fraternité sélective.

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