La tunisie double les salaires du personnel médical

Alors que El Othmani va prélever sur leurs salaires

Partout dans les pays où le Coronavirus fait rage, le personnel médical est reconnu et chaleureusement applaudi pour les sacrifices exceptionnels consentis au service des malades. Alors que les populations sont contraintes au confinement, les médecins et les infirmiers, femmes et hommes, sont sur les lieux de leur travail et risquent leurs propres vies pour sauver les vies humaines. Autre sacrifice énorme: les médecins et les infirmiers ne rentrent pas chez eux le soir après la fin de leur journée de travail. Ils sont donc interdits de voir leurs familles par crainte de les contaminer.

Par précaution, ils dorment dans des chambres d’hôtel ou dans des appartements privés, isolés et loin de leurs proches. Un double sacrifice qui devrait plutôt inciter les gouvernements de tous les pays à leur rendre un vibrant hommage et surtout à leur accorder des gratifications financières conséquentes en fonction des risques considérables encourus. Le Président de la France, Emmanuel Macron, a ainsi promis de les gratifier en conséquence après la fin de la crise du Covid-19. Mais l’exemple le plus édifiant nous vient d’un pays voisin, la Tunisie, aux moyens limités, dont le Président, Kaiss Saïd, a décidé de doubler les salaires de tout le personnel médical pour une période de six mois. Un geste formidable à l’attention d’un corps professionnel dévoué pour soigner les malades souvent en risquant sa propre vie.

Des dizaines voire des centaines de médecins et autres infirmiers ont laissé leurs vies dans ce combat difficile et souvent dans des conditions lamentables contre l’ennemi invisible. Doubler leurs salaires est la plus belle récompense qu’un pays puisse leur accorder alors que la crise économique est à son paroxysme à cause des effets désastreux de la crise du Covid-19 sur les économies des pays touchés.

Au Maroc, le «geste» de notre gouvernement vis-à-vis de ce corps est de prélever trois jours de leurs salaires, en accord avec les syndicats. Un geste inapproprié, injuste, inégal et peu éthique. La Tunisie semble nous montrer le chemin de la raison et de la justice.

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