Trois questions à Mehdi Mezouari, membre du bureau politique de l’USFP

"Notre objectif est de nous positionner en tant qu’alternative politique à la situation actuelle"


Quelles sont les principales raisons de la coalition entre l’USFP et le PPS?
Il y a plusieurs raisons qui ont poussé à cette coalition. Ce sont d’abord des raisons d’ordre politique et institutionnel. Mais aussi des raisons de politique publique en général. Ça relève, à mon sens, du grand malaise que connait la politique dans notre pays. C’est ensuite à cause du déséquilibre institutionnel. Comme vous le savez, la constitution donne un statut privilégié à l’opposition. Mais malheureusement, les dernières élections et les coalitions, qui ont été formées pour constituer le gouvernement, ont donné une majorité très large dans le sens arithmétique. Mais cette majorité demeure faible politiquement. Résultat, l’opposition a été réduite, ce qui ne permet pas aux partis de l’opposition d’exercer leurs droits constitutionnels notamment demander l’ouverture de commissions d’enquête ou encore faire la motion de censure.

Les deux partis vont-ils participer avec un projet politique commun aux prochaines élections de 2026 ?
Je crois qu’on est dans le fond dans un projet politique commun. Notre objectif est de nous positionner en tant qu’alternative politique par rapport à la situation actuelle. C’est une force de propositions qui sera probablement enrichie par d’autres formations qui partagent notre vision globale. Notre coalition prépare un projet politique commun qui sera exécuté par les élites des deux partis.

Pensez-vous que la nouvelle initiative politique entre les deux partis va permettre de renforcer l’opposition ?
Le premier chantier de cette coalition est justement de renforcer cette opposition. Car le grand malheur de cette majorité et de ce gouvernement est l’accaparation de toutes les instances élues. Ceci provoque un déséquilibre institutionnel non seulement au niveau des deux chambres du Parlement mais également au niveau des collectivités territoriales, des provinces et des conseils des villes. Mais cette hégémonie arithmétique ne provoque malheureusement aucune vivacité politique. Ce qui fait qu’il y a un blocage au niveau de plusieurs villes notamment Rabat et Casablanca. Ce blocage est alimenté par les nouvelles affaires d’«Al Fassad» qui ont éclaté autour des parlementaires et des élus locaux dans de nombreuses villes.

Est-ce que le PJD va faire partie de la nouvelle initiative ?
Cette initiative est ouverte à tous les acteurs politiques qui partagent sa vision et ses ambitions. Et le PJD en fait, bien évidemment, partie. Mais je vous rappelle que cette initiative possède un cahier des charges et un cadrage politique qui fait que seules les formations politiques associées à notre objectif pourraient y participer.

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