TRANSFORMATION DU GRAND CASABLANCA

Les trois principaux marchés de la ville font peau neuve

La Wilaya de Casablanca et le Conseil de la Ville ont pris en main la gestion de dossiers sensibles depuis octobre 2023, date à laquelle le nouveau wali a pris ses fonctions. La succession des visites de terrain et des réunions a permis d’insuffler une nouvelle dynamique à l’intérieur de Casablanca et dans ses périphéries. Retour sur trois projets phares dont le lancement aura un impact direct sur la vie des Casablancais.


Après la nomination de Mohamed Mhidia en tant que wali de la région de Casablanca-Settat par le roi Mohammed VI, la Wilaya de la capitale économique et le Conseil de la Ville ont activé la relance du réaménagement des principaux marchés de Casablanca, tout en impliquant les représentants des commerçants concernés dans les échanges. Parmi les projets qui étaient en suspens figurent la création d’une plateforme logistique au profit des grossistes de Derb Omar, le réaménagement du souk de Derb Ghallef et la délocalisation du marché de gros des fruits et légumes de Sidi Othmane. Les projets de réhabilitation des zones commerciales au niveau de Casablanca ont été remis sur le devant de la scène immédiatement après la prise de fonction du wali de Casablanca, nous confie un responsable local.

‘‘La présidente du conseil de la ville s’était déjà penchée sur le sujet, mais la fréquence des réunions et des visites de terrain s’est accentuée depuis l’arrivée du wali’’, poursuit-il. Les propos de notre source ont été corroborés par Abdellah Elmoutawakkil, président de l’Association des commerçants d’Ennajd. ‘‘Les anciens hauts responsables n’ont pas manifesté autant d’intérêt et de considération pour ce sujet comme le fait le nouveau gouverneur’’, nous dit M. Elmoutaouakkil. Notre interlocuteur, qui fait partie des bénéficiaires qui se sont vu attribuer un local commercial à la Joutiya de Derb Ghallef en 1981, nous explique que le nombre de magasins disposant d’une autorisation ne dépasse pas 750. Ceux qui en détiennent sont les commerçants ‘‘sinistrés’’ d’un incendie qui s’est déclaré en 1981 dans l’ancien marché de Derb Ghallef, à quelques mètres du quartier populaire éponyme.

Contacté par Maroc Hebdo, Abdessadeq Mourched, président de l’arrondissement Maârif, nous fait savoir que l’identité du marché aux puces de Derb Ghallef demeure inchangée. A propos de cette décision, une source au sein du conseil de la ville nous révèle que des frictions ont eu lieu entre le conseil régional de Casablanca-Settat et la préfecture d’arrondissements Casablanca- Anfa. Une enveloppe budgétaire de 200 millions de dirhams (MDH) aurait été proposée pour remplacer le marché de Derb Ghallef par un centre commercial moderne. Mais la présidence de l’arrondissement avait décliné le deal. ‘‘Nous nous sommes tous concertés avant d’approuver le plan de réaménagement du périmètre Maârif’’, souligne M. Mourched. ‘‘L’Agence urbaine de Casablanca devra avaliser le nouveau plan de réaménagement de la capitale économique, car celui en vigueur est arrivé à son terme’’, argumente-t-il.

L’ossature du projet est composée d’une mosquée, d’un parking souterrain, d’un espace vert, d’une zone artisanale. ‘‘Les commodités que nous avons proposées seront mitoyennes du souk Ennajd et Essalam’’, précise-t-il. Une restructuration de fond en comble sera opérée de sorte que la cartographie des commerces de la Jotiya soit réorganisée autrement, conclut-il. Le réaménagement de la Joutiya concerne la construction de toiture en béton, le raccordement des magasins à l’électricité et la mise en place d’un réseau d’assainissement, entre autres. De plus, ‘‘les commerçants de Derb Ghallef doivent s’aligner sur les dimensions initialement autorisées pour leurs espaces commerciaux, soit 3 mètres sur 4, 6 mètres sur 4 ou 12 mètres sur 4’’, nous confie-t-on.


Zone logistique
En ce qui concerne la plateforme logistique dont la réalisation est prévue à Médiouna, la concrétisation de ce chantier structurant sera déclinée sur une superficie de 42 hectares, affirme Aziz Bounou, président de l’Association des commerçants et professionnels de Derb Omar. Dans le cadre du déploiement de cette nouvelle feuille de route, environ 500 dépôts d’une superficie comprise entre 200 et 500 mètres carrés seront construits. La zone logistique sera composée d’un parking doté d’une capacité d’accueil de 120 véhicules, d’un centre commercial, de stations- services, d’un hôtel, en plus d’autres commodités, nous explique-t-on. ‘‘Depuis le début de l’année en cours, nous avons assisté à plus de cinq réunions convoquées par la wilaya et le conseil communal de Casablanca, nous a affirmé M. Bounou.

Le but de ces rencontres étant de présenter une alternative aux activités de chargement et de déchargement des marchandises au niveau de Derb Omar. La durée de réalisation de cette plateforme ne dépassera pas 12 mois, assure une source proche du dossier. Interrogé par Maroc Hebdo sur le mode d’exploitation proposé par les autorités locales en charge du projet, M. Bounou affirme que les négociations ont débouché sur deux formules, à savoir l’achat et la location des dépôts. Toutefois, ‘’les commerçants seraient favorables à l’achat’’, souligne-t-il.

Répercussions négatives
Si les propositions des représentants des commerçants de Derb Ghallef et de Derb Omar ont été en partie prises en compte par les autorités locales, celles des grossistes du marché de gros de Sidi Othmane ont été balayées d’un revers de main, regrette Abderazzak Chabi, président d’Association des commerçants du marché de gros de Casablanca. “L’écrasante majorité des grossistes refuse la décision prise par la commune de Casablanca”, déplore-t-il. ‘‘Pour nous rendre au nouveau souk qui prendra forme à Had Soualem, nous devons parcourir une distance minimale de 40 kilomètres’’, se plaint cet acteur associatif, qui estime que cette décision aura des répercussions négatives sur les prix des produits agricoles et des marchandises qui alimenteront les marchés nationaux.

Ce mégaprojet, qui sera opérationnel sur un terrain de 260 hectares à l’horizon 2027, regroupera les commerçants du marché des fruits et légumes de Sidi Othmane, ceux du souk des oeufs de la Gironde, les professionnels du marché de volailles de Hay Mohammadi ainsi que les poissonniers du marché de Lahraouiyine (sud-est de Casablanca). ‘‘Comment pourrait-on résoudre les problèmes qui risquent de survenir sur une superficie aussi étendue, alors que la gestion du souk actuel de seulement 26 hectares laisse à désirer ?’’, s’inquiète-t-il. Sollicitée par Maroc Hebdo à ce sujet, Zineb Imillou, responsable communication à la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Casablanca (CCISCS), a précisé que les réclamations des professionnels du marché ont été reçues par les services concernés. ‘‘Nous avons été informés des préoccupations des commerçants face à la décision de délocaliser le marché de gros. La responsable a indiqué qu’une réunion a été organisée afin de mettre en contact les parties impliquées dans le projet avec les associations actives au niveau du marché.

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