Transport routier entre les villes: les insatisfactions des voyageurs s’enchaînent

Lignes et dessertes annulées, déficit en matière de désinfection, tarifs doubles, queues interminables… Les souffrances des usagers du transport routier, depuis la décision de l’allègement du confinement et l’autorisation des voyages entre les villes et provinces de la zone 1, n’en sont qu’à leurs débuts.

Chaque jour et depuis le 20 juin 2020, leurs démêlés avec les transporteurs de tous bords (grands taxis, autocars) ne cessent de croître jour après jour. Leurs doléances ne trouvent pas une suite favorable auprès des professionnels du secteur. Ces derniers, eux aussi, ont des doléances insatisfaites. La veille de l’annonce de l’allègement des mesures de confinement le 20 juin 2020, le ministre de l’Equipement et des Transports, Abdelkader Amara, a annoncé sur sa page Facebook que le transport routier allait reprendre sous conditions. Sans se concerter avec les syndicats représentant les professionnels du secteur, il a imposé un cahier de charges qui instaure des mesures anti-covid-19 telles la réduction de moitié de la capacité des moyens de transport et la désinfection des véhicules.

Le martyre des usagers
La première condition n’a pas été acceptée par les professionnels, petits comme les grands. Même la CTM avait montré sa réticence en arguant du fait que cette sous-capacité créera un déséquilibre financier à la société. Beaucoup de transporteurs comme CTM avaient au début rechigné à accepter ces conditions et à redémarrer leur activité. Puis, ils ont repris sous conditions, les leurs cette fois. Les tarifs ont doublé et certaines lignes non rentables ont été tout bonnement annulées.

Tous les transporteurs ont compensé le manque à gagner par la majoration de 50% voire plus des prix de leurs tickets. Subissant, résignés, cette hausse et le manque de rigueur en matière d’application des mesures préventives anti-Covid- 19, les voyageurs prennent leur mal en patience. Leurs choix sont limités. Quand ils décident de prendre le train, ils sont alors confrontés à un autre calvaire: des queues interminables à longueur de journée et des billets indisponibles en raison de la réduction de la capacité d’accueil des rames.

Le projet de plan de relance finalisé par le département du Transport et qui impose une série de mesures préventives en attendant de revenir au taux de remplissage normal est mal digéré par les trois syndicats représentatifs qui critiquent la non fixation d’une date précise pour ce retour à la normale tant revendiqué par les professionnels mais qui risque de contribuer à une propagation du virus vu la promiscuité et le long trajet des voyages.

Bref, seuls les voyageurs payent les frais de la nonchalance ou la cupidité des antagonistes. Lignes et dessertes annulées, déficit en matière de désinfection, tarifs doubles… Le martyre des usagers du transport routier, depuis la décision de l’allègement du confinement et l’autorisation des voyages entre les villes et provinces de la zone 1 à ce jour, n’en sont qu’à leurs débuts.


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