Transport public: La gestion déléguée s'est avérée inefficace à Kénitra

Le transport public dans la ville de Kénitra est défaillant depuis plusieurs années. La FGD revient sur cette problématique et préconise la création d’une régie communale autonome pour prendre en charge ce service.

Le transport public à Kénitra est défaillant, de mauvaise qualité et ne répond plus aux besoins de la population de la ville qui avoisine le million. Dans un document intitulé «De quel transport public avons-nous besoin?», la jeunesse de la Fédération de gauche démocratique (FGD) de Kénitra est revenue sur cette problématique, tout en proposant des pistes d’amélioration. «Les problèmes de transport public dans la capitale du Gharb ne sont pas récents. La ville de Kénitra a toujours souffert de la médiocrité de ce service. Depuis plusieurs années déjà, la flotte de bus et les lignes ont toujours été en dessous des besoins réels, mais ce n’est qu’en décembre dernier que la situation a empiré pour atteindre l’interruption du service », rappelle le document.

En effet, le 22 décembre 2019 «les citoyens de Kenitra ont été surpris par l’arrêt de l’activité des bus de la société Al Karama Bus», souligne le document. Pour remédier provisoirement à cette crise, la préfecture de Kénitra a mobilisé des minibus et cars afin d’assurer la continuité du service de transport urbain au niveau de la ville.

Depuis le premier jour de la crise chronique engendrée par la mauvaise gestion de ce secteur, l’accessibilité des personnes âgées, des femmes enceintes et des handicapés aux minibus est difficile et parfois impossible. Par conséquent, cette piste provisoire complique la mobilité de ces catégories de citoyens. La conception des minibus est dimensionnée pour le transport des fonctionnaires et travailleurs et ne répond pas aux besoins de toutes les catégories des citoyens, qui ne sont pas pris en compte. L’autorisation de circulation aux minibus a créé une tension entre ces derniers et les petits taxis, ce qui a poussé à leur suspension à partir du 20 janvier 2020.

Le champ libre à l’informel
Cette crise avec la gestionnaire délégué Karama a provoqué plusieurs défaillances comme la pénurie au niveau du transport, ce qui laissé le champ libre au secteur informel de se développer davantage. De même, la circulation d’un parc de transport du personnel qui ne respecte pas le principe de la billetterie a impacté les recettes fiscales de la ville, à cause d’une absence de traçabilité financière.

«Avec une flotte d’environ 60 bus et une durée moyenne de 45 minutes par trajet, les standards de qualité ne sont nullement respectés. Le modèle de la gestion déléguée en vigueur dans la ville de Kénitra s’avère alors inefficace et ne répond pas aux attentes des citoyens.

Dans ces conditions un doublement de l’effectif des autobus et la réduction de la durée moyenne du trajet (de 45 minutes à 30 minutes) seront le défi majeur sur le court terme de la régie communale autonome», déclare la jeunnesse de la FDG. Cette dernière propose ainsi la création d’une régie communale autonome, qui «est la solution que nous voyons adéquate dans la mesure où elle fournit un mode de gestion hybride alliant l’efficacité structurelle et économique du secteur privé et la sécurité et la continuité qui caractérisent le secteur public», déclarent les auteurs du document.


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