Transparency international évalue les élections du 8 septembre 2021

Un scrutin transparent, mais...

Dans un rapport rendu public samedi 25 septembre 2021, Transparency International porte un regard critique sur les élections du 8 septembre. Elle appelle ainsi les autorités à lutter contre les pratiques contraires à la loi et à l’éthique démocratique qui ont entaché ces élections.

Bien que les élections du 8 septembre 2021 se soient déroulées dans des conditions jugées globalement bonnes et transparentes par la communauté internationale, il n’en demeure pas moins que des pratiques contraires à la loi et à l’éthique démocratique ont été relevées par l’organisation internationale Transparency, qui lutte contre la corruption. Des pratiques qui sont susceptibles d’entacher la crédibilité du scrutin et de briser la confiance qui semble revenir entre les Marocains et les hommes politiques.

Première critique émise par Transparency International: la présentation par nombre de partis et la validation par les autorités de candidatures d’anciens élus impliqués ou présumés impliqués dans des affaires de corruption et de dilapidation de deniers publics, commis dans l’exercice de leurs mandats et portées devant la justice. «Nous estimons que c’est un mauvais signe pour la démocratie, la transparence et l’image du Maroc», estime ainsi Transparency dans son document.

L’organisation internationale de lutte contre la corruption trouve en effet déplorable de valider de telles candidatures alors que le ministère de l’Intérieur, dans une circulaire diffusée quelques semaines avant les élections, avait appelé les partis politiques à ne pas donner leur accréditation à des anciens élus impliqués dans des affaires de dilapidation de deniers publics, jugés devant les tribunaux ou en cours de jugement.

Or, force est de constater que de nombreux élus contre qui des procédures judiciaires ont été engagées ou faisant encore l’objet de rapports de la Cour des comptes ont pu se présenter le plus normalement possible aux dernières élections. Outre la responsabilité des partis politiques, qui semble la plus importante dans ce grief, celle aussi de certains agents d’autorité a été relevée par Transparency.

Accès à l’information
Autre critique formulée et non des moindres: l’achat des voix et l’usage massif de l’argent pour inciter les électeurs à aller voter. Transparency a pu s’appuyer sur les témoignages de nombreux électeurs pour étayer ce problème.

Autre point important: Transparency dénonce l’impossibilité d’accès aux données essentielles sur les suffrages, en dehors des résultats officiels annoncés par le ministère de l’intérieur. Ce qui est contraire à l’esprit de la Constitution, qui élève le droit d’accès à l’information comme un principe fondamental de la démocratie.

Transparency International a, à cette occasion, a appelé les autorités à mettre à la disposition du public les informations exhaustives sur les élections, conformément à l’article 27 de la Constitution et à la loi 31-13, relative au droit d’accès à l’information. Transparency Maroc a en outre dénoncé avec force la persistance de ces pratiques qui engagent la responsabilité des formations politiques et celle des pouvoirs publics.

Articles similaires