Le tourisme, otage de la pandémie

UN MANQUE À GAGNER DE 18 MILLIARDS DE DIRHAMS EN 7 MOIS

Pour beaucoup, la reprise du secteur touristique n’aura véritablement lieu que si la pandémie du Covid-19 est totalement vaincue. Néanmoins, malgré son impuissance financière avérée, l’Etat s’engage à apporter un soutien aux opérateurs, notamment sur le plan fiscal.

Parmi les secteurs économiques les plus touchés par la pandémie du Covid-19, il y a certainement le tourisme. La crise sanitaire a non seulement impacté ce secteur ultra sensible de l’économie nationale, mais elle l’a ravagé au point que les opérateurs ne savent plus à quel saint se vouer. Les pertes financières subies depuis le début de la pandémie sont estimées à plus de 18 milliards de dirhams, selon des statistiques fournies par la direction des études et des prévisions financières, relevant du ministère de l’Economie et des finances.

Ceci représente une baisse importante de 44% des recettes touristiques. Pour l’industrie du tourisme, qui constitue le fondement de l’économie marocaine, le coût de cette crise sanitaire est dur et sans précédent. Rien qu’en juillet, la baisse des revenus a été de plus de 90%. Les arrivées de touristes et les nuitées à l’hôtel avaient diminué respectivement de 63,5% et 59% à la fin du mois de juin 2020.

Malgré l’ampleur de cette crise et ses conséquences néfastes sur l’emploi, conduisant ainsi les hôteliers à procéder à des licenciements massifs, les pouvoirs publics ont visiblement échoué à proposer des solutions efficaces pour la reprise de ce secteur stratégique. Entre l’impuissance du ministère du tourisme et l’inefficacité de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), le secteur semble perdu et entrevoit visiblement un avenir difficile. Mais l’espoir est toujours de mise.

Problème de la fiscalité
Selon les spécialistes, le vrai travail de récupération et de reprise du secteur ne peut réellement commencer que si la pandémie est vaincue. Mais, tant que le virus circule, obligeant les autorités à maintenir les frontières aériennes fermées pour ne pas aggraver la situation sanitaire dans notre pays, la relance n’est pas facile à entreprendre, ou alors procéder à des actions ponctuelles comme cette autorisation accordée aux touristes étrangers de venir au Maroc.

De son côté, le gouvernement s’est engagé à faire tout son possible pour sauver le secteur. Parmi les points soulevés par les opérateurs, destinés à apporter un soutien au secteur, il y a le problème de la fiscalité. L’Etat annonce travailler sur un accord global sur la fiscalité sectorielle et a promis une amnistie sur la taxe de promotion du tourisme d’ici 2020.

A l’international, la situation sanitaire est toujours préoccupante. L’Organisation mondiale du tourisme avance que jusqu’à 115 destinations, soit 53% de toutes les destinations dans le monde, ont assoupli leurs restrictions de voyage. Deux d’entre elles ont levé toutes les restrictions, tandis que 113 en maintiennent certaines. Tant que la situation sanitaire dans le pays et ailleurs ne s’améliore pas, la reprise du tourisme est très incertaine.


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