Tourisme : 500.000 emplois et plus de 8.500 entreprises menacés

SOS TOURISME !

La présente conjoncture est une contrainte sans doute, mais elle doit être l’occasion d’une délibération sur l’état des lieux du système touristique, déjà en difficulté avant la crise.

L’impact de la crise sanitaire actuelle est aussi social et économique. Et dans ce dernier secteur, le secteur déjà sinistré est sans conteste le tourisme. La Confédération nationale du tourisme (CNT) a déjà tiré la sonnette d’alarme, voici quatre semaines. Elle a ainsi évalué l’impact comme suit: une chute du chiffre d’affaires de 34 milliards de dirhams (MMAD), une perte de l’ordre de 14 de MMAD pour l’hôtellerie, une forte contraction de 6 millions de touristes et de 11,6 millions de nuitées. Les effets menacent pas moins de 500.000 emplois et plus de 8.500 entreprises (hôtels et entreprises d’hébergement classés, sociétés de transport touristique, de restauration et de location de voitures, agences de voyages). Voilà, entre autres, les données sur la table. Des mesures d’aide et de soutien s’imposent en priorité. Le dispositif adopté par le Comité de veille économique (CVE), piloté par le département de l’Économie et des Finances, n’ignore évidemment rien de toutes ces contraintes majeures.

La piste du tourisme interne
Il y a des mesures auxquelles le secteur du tourisme est éligible, comme les autres secteurs, mais peut-être faut-il les décliner de manière plus accentuée et plus spécifique dans cette industrie. Plus encore: il importe d’oeuvrer également pour la sortie de l’état de crise sanitaire. Une opportunité pour revoir le modèle de l’économie touristique dans une perspective inscrite à l’horizon 2025-2030.

L’une des pistes a trait à la relance du tourisme interne. Elle doit se préoccuper de nouveaux termes d’attente des clients nationaux dans les régions et les territoires. C’est un nouveau «new deal» qui doit être à l’ordre du jour. A partir de quels leviers? Le premier d’entre eux a trait à la transformation de l’opérateur touristique un acteur responsable: une charte du voyageur, l’intégration de l’humain, la pérennisation économique de l’activité, la digitalisation commerciale. Le deuxième regarde ce que l’on pourrait appeler l’innovation marketing: repositionnement du produit à court et moyen termes, cibles prioritaires, actions et plan pour l’après crise, partenariats potentiels et offre produits. Enfin, le dernier levier intéresse la communication. Celle-ci doit plus être «généraliste» mais recentrée sur des coeurs de cible, sur des marchés identifiés, construite aussi sur des couples produits/outils et supports de communication avec les messages produits/segments. Dans tout cela, le passage au digital doit être général et embrasser tous les domaines.

La présente conjoncture est une contrainte sans doute, mais elle doit être l’occasion d’une délibération sur l’état des lieux du système touristique, déjà en difficulté avant la crise. Un choc qui doit conduire à un renouveau d’une politique touristique efficiente, redéfinie sur la base d’objectifs ambitieux avec les moyens concrets de les atteindre.


2 commentaires

  • LAMIRI MUSTAPHA

    24 Avril 2020

    Il faut encourager le tourisme des Marocains dans leur pays le Maroc avec prix/nuitée le plus bas possible et à la portée de tout le monde et en particulier la classe moyenne.

  • belhaj

    24 Avril 2020

    A la sortie de la pandémie , je propose de mettre un plan d 'action pour toucher la classe sociale et les personnes qu' ont l'habitude de voyager à l 'international ( Espagne , Turquie, Grèce….)et dépenser un budget pour le voyage et le divertissement à l 'international. Ce budget pourra être alloué à une opération du même genre à l 'intérieur de leurs pays mais cette fois ci il faut une grande sensibilisation en interne revoir l'offre touristique et bien, la marketer s'aligner aux standards de l'offre.

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