Tourisme, aides COVID-19 et plans de déconfinement

Un secteur aux abois

Il y aura certainement un avant et après Coronavirus pour le secteur du tourisme, qui vit des moments difficiles. Un secteur laissé pour compte et où les bonnes intentions et les intérêts sordides se croisent.

Au tout début de la propagation du nouveau coronavirus au Maroc, et suite à la décision de la fermeture des frontières aéroportuaires et terrestres du Royaume, les opérateurs touristiques savaient à quoi ils devaient s’attendre. Le tableau d’une morosité qui va durer s’est dessiné dès les premiers jours. La Confédération nationale du tourisme (CNT) évalue le manque à gagner des recettes de l’ordre de 138 milliards de dirhams pour la période 2020-2022 en termes de devises et propose un plan de relance d’environ 1,7 milliard de dirhams.

Mais on dirait que le département du Tourisme comme l’ONMT sont aux abonnés absents au moment où certains opérateurs ont crié très tôt sur les toits leur faillite. Certains sont allés, dès la première semaine du confinement, jusqu’à faire la queue pour demander des aides au Comité de veille économique mis en place pour la gestion du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie Covid-19. «Je trouve inacceptable qu’un hôtelier puisse crier à la faillite dès le premier mois. Pour ma part, j’ai donné l’exemple en mettant à la disposition de l’Etat mon hôtel Al Kabir, à Marrakech, gracieusement pour une durée de trois mois et j’ai versé les salaires intégraux du personnel avec leurs charges sociales pour 3 mois», confie Ali Rahimi, vice-président de la région de Marrakech-Safi et membre de l’Association de l’industrie hôtelière de Marrakech.

Pour cet opérateur, le déconfinement ne pourra réussir qu’avec certaines mesures claires prises par le gouvernement, notamment en facilitant les crédits aux entreprises qui s’engageront à payer les salaires intégralement aux employés, y compris les charges de CNSS. Car la CNSS rentrera en conflit avec toutes les entreprises après le déconfinement pour récupérer ses cotisations. Il craint des problèmes beaucoup plus sérieux pour le secteur. Le secteur touristique (Hôtels, agences de voyages, transport touristique, bazars, restaurants...) va perdre plus de 70% de son chiffre d’affaire jusqu’à la fin de l’année. Le pire à craindre, poursuit Ali Rahimi, c’est que ce secteur perdrait jusqu’à 70% de son personnel.

Une attitude scandaleuse
Un autre professionnel du secteur, qui a mis aussi son hôtel à Fès à la disposition des pouvoirs publics, s’est dit scandalisé par l’attitude de certains de ses confrères. «Nous avons bénéficié de facilités, d’exonérations d’impôts… durant plusieurs années. Maintenant qu’il y a crise, nous devons être en mesure de la mieux gérer. Les professionnels doivent continuer le versement des salaires du personnel et des charges sociales afférentes. Si un acteur du secteur n’a pas la possibilité de faire cela pendant trois ou quatre mois, c’est qu’il n’est pas un professionnel. Je dirais qu’il n’est un manager tout court», déclare-t-il.

Tout bien pensé, il y aura certainement un avant et après Coronavirus pour le secteur du tourisme qui vit des moments difficiles. Un secteur laissé pour compte et où les bonnes intentions et les intérêts sordides se croisent.


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