La tomate Marocaine poursuit sa percée sur le marché Européen

En dépit de toutes les manoeuvres des agriculteurs espagnols et de leurs corporations professionnelles, la tomate marocaine a percé sur le marché européen. Mieux, sa part de marché a nettement augmenté ces dernières années.

L’Espagne et les Pays-Bas ont perdu des parts de marchés sur les ventes de tomates dans l’Union européenne, au profit du Maroc, à s’en référer au site espagnol spécialisé Hortoinfo, qui se base sur les statistiques officielles d’Eurostat.

La preuve? Au terme du premier semestre de 2021, le Maroc a vendu un volume de 262,84 millions de kilos de tomates aux Etats membres de l’UE (sur un total de 1,3 milliard de kilos), contre 227,4 millions de kilos au premier semestre 2017 (sur un total de 1,49 milliard de kilos), ce qui représente une hausse de 15,85% sur les cinq dernières années. De ce fait, les exportations marocaines occupent la deuxième place, derrière les Pays-Bas, l’un des grands fournisseurs de tomates du Vieux continent. Au cours des six premiers mois de 2021, les Pays-Bas ont, en effet, vendu 290,87 millions de kilos de tomates, soit 77,56 millions de kilos de moins qu’en 2017 (année durant laquelle les ventes globales ont atteint 368,43 millions de kilos).

Pour ce qui est de l’Espagne, principal pourvoyeur de tomates de l’UE, 310,86 millions de kilos de tomates ont été écoulés sur le territoire communautaire entre le 1er janvier et le 30 juin 2021, contre 428,27 millions de kilos vendus à la même période de 2017. On constate ainsi une nette baisse.

Nouvelles parts
Face à cette dégringolade, il y a eu l’ascension des exportations marocaines. Ainsi, entre le premier semestre de 2017 et le premier semestre de 2021, la part du marché de la tomate marocaine sur le marché de l’Union est passée de 15,2% à 20,1%. Pratiquement, durant le premier semestre de l’année en cours, une tomate sur cinq achetées dans l’espace communautaire est d’origine marocaine. Si le Maroc a grignoté de nouvelles parts, l’Espagne et les Pays-Bas en ont perdu: la part de marché de la tomate espagnole est passée de 28% à 23,8%, et celle des Pays-Bas de 24,7% à 22,3%.

Comment peut-on comprendre alors ce retournement de situation? Ce qui justifie en partie ce recul des ventes des tomates espagnoles et néerlandaises, c’est que les principaux producteurs de fruits et légumes de ces pays investissent de plus en plus dans des légumes plus rentables, en plus de la tomate transformée, pour éviter la concurrence des pays de l’UE, mais aussi des pays tiers.

Autre élément d’analyse important à ne pas négliger: les quantités de tomates marocaines ne payant pas de taxe, suivant les termes de l’accord agricole Maroc-UE, sont les mêmes. Le reste des exportations étant soumis au régime normal de la douane des pays européens.