Comment le tissu associatif s’organise pour soutenir les familles

Paniers alimentaires, repas de ftours, aides financières directes

Des associations bravent le contexte sanitaire pour venir en aide aux familles nécessiteuses. Un vaste élan de solidarité nationale pour affronter cette atmosphère sociale extrêmement tendue.

C’était attendu. Malgré la colère exprimée sur les réseaux sociaux, les Marocains s’attendaient à la décision gouvernementale d’imposer le couvre-feu nocturne pendant le mois de Ramadan. Une décision qui pénalise lourdement beaucoup de Marocains, surtout ceux qui travaillent pendant la nuit pour gagner leur vie.

Que deviendront- ils? Que mangeront-ils? Que feront-ils pour nourrir leurs enfants et leurs familles? Des questions auxquelles le gouvernement n’a, jusqu’à présent, apporté aucune réponse. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que cette décision va aggraver la pauvreté dans le pays, grossir les familles nécessiteuses et augmenter le nombre de mendiants dans la rue.

Face à un Etat absent pour affronter cette catastrophe sociale, le tissu associatif demeure, pour ainsi dire, l’unique refuge pour de nombreuses familles marocaines qui vont passer un terrible Ramadan pour cette année. De nombreuses associations s’engagent pendant ce mois sacré à distribuer des paniers alimentaires ou des «ftours» pour les familles qui ont en besoin.

Si l’organisation des ftours n’aura pas lieu cette année en raison du couvre-feu nocturne, des paniers alimentaires ont, d’ores et déjà, été distribués aux familles nécessiteuses. C’est le cas, notamment, de l’association les Ponts de l’Espoir, dont le président, Saâd Ben Abilou, parle de 1.000 paniers alimentaires prévus pour ce mois de Ramadan. «300 paniers sont déjà distribués dans quatre régions du Maroc, parmi lesquelles Zagoura, Ouarzazate et Al Haouz», précise M. Ben Abilou. Ce dernier affirme s’appuyer sur la fondation «Ataa Charité», qui dispose d’un réseau de bénévoles assez étoffé dans le pays, pour acheminer les 700 autres paniers dans les plus grandes villes du Royaume. La valeur de chaque panier est estimée entre 500 et 700 dirhams.

La pauvreté aggravée
Autre action entreprise par cet acteur associatif, enseignant dans un lycée à Casablanca: des aides financières directes sont distribuées aux familles qui ne parviennent pas à payer leurs loyers, pour leur éviter de se retrouver dans la rue. Une autre association, Lueur d’Espoir, à Casablanca, annonce également un programme d’aides aux familles pour ce mois sacré. Sa présidente, Sabrine Zahroubane, évoque ainsi avoir conclu un partenariat avec le site Jumia pour la distribution des paniers alimentaires.

D’une valeur de 250 dirhams chacun, ces paniers sont accessibles aux bénéficiaires après une procédure de commande réalisée via la plateforme électronique de Jumia. Un minimum de 100 paniers sont prévus. Sabrine Zahroubane parle d’une seconde action sociale programmée par l’association Lueur d’Espoir. Il s’agit de la distribution de repas de ftours aux SDF dans différents quartiers à Casablanca.

200 ftours sont ainsi prévus à raison de deux fois par semaine. Bien qu’il ne soit pas suffisant pour satisfaire toutes les attentes, le travail des associations doit être soutenu par les autorités et par les classes aisées pour créer cet élan de solidarité qui a toujours animé les Marocains.

Articles similaires