TEMPS DURS POUR LES OUBLIÉS DE L’ATLAS

Les chutes de neige font des dégâts dans les montagnes

Il neige dans le Haut et Moyen Atlas. Un joli tableau paradisiaque pour les habitants des grandes villes dont les maisons sont chauffées et le début d’une situation pénible pour les habitants des douars de l’Atlas et notamment les nomades.

Un joli manteau blanc recouvre les sommets et les flancs du Haut et du Moyen-Atlas. Un joli tableau paradisiaque pour les habitants des grandes villes dont les maisons sont chauffées, et qui n’hésitent pas à sortir leurs bonnets, leurs pulls de laine et leurs manteaux.

Et le début d’un long et pénible cauchemar pour les habitants des douars de l’Atlas et notamment les nomades. C’est un autre Maroc «inutile», cloîtré et isolé. Leurs mésaventures commencent déjà. La tempête de neige qui s’est abattue sur ces régions enclavées en ces temps rigoureux a décimé des centaines de têtes de bétail dans la vallée dite «heureuse» (devenue malheureuse) des Aït Bougmaz, dans les environs d’Azilal, au pied de M’Goun dans le Haut-Atlas.

Affligés suite à ce drame, les habitants du douar ont reçu cette macabre nouvelle dans la douleur et dans la résignation. Tout un troupeau, source unique de leurs revenus et seul moyen de leur subsistance, a disparu d’un coup. Un peu plus de 15.000 personnes vivent dans cette vallée. Leur existence est chamboulée dès les premières chutes de neige. Ils peinent pour accéder à leur propre alimentation et celle de leur bétail.

C’est le cas aussi des habitants d’Imilchil, d’Azilal… Un hiver rude qui vient après un début de campagne marqué par la sécheresse qui n’arrange rien à leur quotidien. Le Haut-Atlas, constitué de massifs montagneux, subit de fréquentes intempéries (gel, neige) qui s’étendent du mois de novembre à avril. Ces oubliés du Haut-Atlas sont privés de quasiment tout. La neige et le froid les obligent à rester cloîtrés chez eux pendant plusieurs jours jusqu’à ce que les routes, coupées par la neige, redeviennent praticables.

Cette situation oblige des enfants originaires de plusieurs douars comme ceux de la commune de Toubkal du Haut-Atlas, située à 200 km de la ville de Taroudant à une altitude de 2.500 mètres au-dessus du niveau de la mer, à abandonner l’école, faute de moyens de transport. Le dispensaire le plus proche est à 25 km, dans la commune de Tifnout et n’est pas bien équipé.

Parcours de combattant
La misère, l’enclavement et les difficultés climatiques encerclent les habitants des douars de l’Atlas marocain pendant cette saison. L’hiver pointe et avec lui les souffrances d’une frange de la population. Cela ravive dans les mémoires Anfgou, ce village du Haut-Atlas oriental, devenu synonyme de tragédie suite à la mort de froid de plusieurs habitants en 2007. Une tragédie qui s’est reproduite notamment en 2010.

Heureusement que le virus du Covid-19 n’est pas répandu dans ces régions de l’Atlas comme dans les grandes villes à l’instar de Casablanca. Mais cela n’empêche que l’accès aux soins, aux médicaments et aux denrées alimentaires demeure un parcours de combattant pour ces population.


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