Tebboune et Ramaphosa font leur numéro

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU

Fidèles au poste, les présidents algérien et sud-africain s’en sont de nouveau pris, au cours de la dernière assemblée générale de l’ONU, au Maroc et à son intégrité territoriale.

Abdelmadjid Tebboune n’en démord pas. Profitant de son intervention de ce 24 septembre 2020 à l’occasion de la soixante-quinzième assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), le président algérien a de nouveau remis sur le carreau la question du Sahara marocain en des termes hostiles envers le Maroc et son intégrité territoriale, et ce en dépit de la main que tend depuis bientôt deux ans le roi Mohammed VI en direction de son pays pour la mise en place d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation.

Ainsi, et ce dans la lignée de ses autres déclarations qu’il a faites depuis son élection le 12 décembre 2019, il a rebattu la carte de “l’organisation du référendum d’autodétermination” au Sahara, alors que le conseil de sécurité lui-même, qui chapeaute le dossier relatif à la région, n’y fait plus référence depuis juin 2001 et met l’accent sur une solution “politique juste, durable et mutuellement acceptable” dont la seule posée sur la table actuellement est l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie.

M. Tebboune a, pis et comble de la mauvaise foi de sa part, appelé à “la relance du processus de négociations entre les deux parties au conflit”, en faisant visiblement allusion aux seuls Maroc et mouvement séparatiste du Front Polisario; alors que depuis octobre 2018, le conseil de sécurité considère la voisine de l’Est comme partie prenante et c’est à ce titre que l’ancien envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Horst Köhler, l’avait invitée aux pourparlers tenus début décembre 2018 et fin mars 2019 en Suisse, avec aussi la présence de la Mauritanie. Mais il ne s’agit donc pas là, de la part du locataire d’El Mouradia, d’une première, lui qui dès son investiture, le 19 décembre 2019, avait taxé de “question de liquidation du colonialisme” celle du Sahara.

Mécanisme politique
Toutefois, M. Tebboune ne s’est pas hasardé, cette fois, à assimiler le sort des Sahraouis à celui des Palestiniens, comme il l’avait fait le 4 mai au conseil de sécurité, où il avait prononcé un discours. Et pour cause: cette comparaison ne tient, tout simplement, pas la route, et d’aucuns, au sein des instances internationales, le savent. Les chefs d’État et de gouvernement ont, à cet égard, sans doute dû être dubitatif quand le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, l’a utilisée, lui qui a également fait une allocution à l’assemblée générale de l’ONU.

Ce dernier a, ainsi, qualifié d’“occupation illégale” la présence du Maroc dans son Sahara; mais il ne fallait, pour autant, pas être surpris de son animosité, étant donné qu’il s’était notamment distingué, en 2019, en organisant à Pretoria une conférence de soutien au Polisario, en faisant pression sur les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), dont l’Afrique du Sud est la grande puissance, pour qu’ils y participent.

Des gesticulations qui toutefois, sont restées sans lendemain, vu que, globalement, le Maroc jouit du soutien de 163 pays à son intégrité territoriale, comme l’avait rappelé le roi Mohammed VI dans son discours de la Marche verte du 6 novembre 2019.


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