TEBBOUNE EN PLEIN DÉLIRE

Le régime algérien multiplie les provocations à l'encontre du Maroc

En proie à une contestation populaire inédite et à une crise économique et sociale sans précédent, le régime militaire algérien fait une fixation sur le Maroc. Son symbole au sommet de l’Etat, le président Abdelmajid Tebboune, n’a qu’une idée fixe : s’en prendre au Royaume, en multipliant les attaques et les menaces d’une éventuelle escalade militaire.

Un spectre hante le régime algérien: celui du Maroc. Partout et jusqu’à ses rêves -ses cauchemars?- les plus profonds, la junte en place ne semble avoir d’yeux que pour le Royaume. Celui-ci lui tend la main pour mettre en place un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation “afin que soient dépassés les différends conjoncturels et objectifs qui entravent le développement de nos relations” (dixit le roi Mohammed VI au moment de soumettre cette initiative dans son discours de la Marche verte du 6 novembre 2018) qu’elle s’empresse de lui fourrer son doigt dans l’oeil. Résultat, une rupture diplomatique consommée depuis officiellement le 24 août 2021, et plus récemment encore, à partir du 22 septembre 2021, la fermeture immédiate de l’espace aérien algérien à tous les aéronefs civils et militaires marocains ainsi qu'à ceux qui portent un numéro d'immatriculation marocain.

“L'Algérie fera preuve d'une extrême vigilance et d'une fermeté absolue pour la protection de son territoire national”, a tenté de légitimer, deux jours après cette fermeture dans une déclaration à l’agence de presse britannique Reuters, le diplomate algérien et soi-disant “envoyé spécial chargé du Sahara occidental et du Maghreb”, Amal Belani. Dans le langage de la médecine, on appellerait cela un délire obsidional. Sauf que ce type de délire, qui frappe en général les populations assiégées, n’a, à la base, pas lieu d’être, aucun siège n’étant tout simplement à signaler dans la région.

Echec cuisant
À moins que ce ne soit le siège de la vérité qui, davantage ces derniers temps, rattrape crûment Alger et, tel un soleil aux rayons imparables, l’oblige à voir ce qu’elle tentait de cacher avec le tamis de l’autosuggestion et de la propagande: l’échec cuisant de ses politiques, qu’elles soient économiques et sociales, avec un mouvement de protestation du Hirak ach-chaâbi (mouvance populaire, en arabe) qui ne faiblit pas depuis ses premiers balbutiements en février 2019 en dépit d’avoir déjà fait chuter le récemment défunt président Abdelaziz Bouteflika, mais aussi diplomatiques, avec un ralliement de plus en plus massif, en l’occurrence, aux thèses soutenant l’intégrité du Maroc et l’appartenance de son Sahara à son territoire national. À ce dernier égard en particulier, vingt-cinq pays ont, depuis décembre 2019, procédé à l’ouverture de consulats dans les provinces du Sud, aussi bien dans la ville de Laâyoune que celle de Dakhla, et ce aussi bien, notamment, au niveau de l’Afrique, que la capitale algérienne considérait il y a quelques temps encore comme son terrain de jeu privilégié, qu’à l’échelle internationale, avec surtout, le 10 décembre 2020, la reconnaissance par les États-Unis de la marocanité de la région concernée.

Une décision qu’à travers ses relais outre-Atlantique tels les anciens envoyés personnels du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), James Baker et Christopher Ross, ou l’ancien conseiller à la sécurité nationale US, John Bolton, la diplomatie algérienne a bien tenté de contrebalancer, mais sans succès. Comme quoi, il y a loin des temps où, envers même le consensus dans le continent, la voisine de l’Est arrivait par exemple à faire adhérer la soi-disant “République arabe sahraouie démocratique” (RASD), au nom de laquelle le mouvement séparatiste du Front Polisario revendique la partie du Sahara marocain anciennement colonisée par l’Espagne, à l’Organisation de l’unité africaine (OUA).

Cherchant à lui trouver une porte de sortie honorable, le roi Mohammed VI avait d’ailleurs profité de son discours annuel de la fête du Trône, qu’il avait donné le 31 juillet 2021, pour renouveler son “invitation sincère à nos frères en Algérie, pour oeuvrer de concert et sans conditions à l’établissement de relations bilatérales fondées sur la confiance, le dialogue et le bon voisinage”. “Je rassure nos frères en Algérie: vous n’aurez jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc, qui n’est nullement un danger ou une menace pour vous,” avait-il insisté.

Mais à peine trois semaines plus tard, on voyait donc le ministre des Affaires étrangères algérien, Ramtane Lamamra, annoncer depuis le Club des Pins, station balnéaire de la banlieue algéroise prisée par les galonnés algériens, la rupture des relations diplomatiques bilatérales, dans un exercice rhétorique qui aurait sans doute pu coûter la vie au concerné si le ridicule tuait. On se rappelle ainsi comment, alors que l’ensemble de la Méditerranée, sans exclure le Maroc lui-même dans sa province de Chefchaouen, était touché par les feux de forêts, le chef de la diplomatie algérienne martelait, sans vergogne devant les caméras du monde, que c’est le Royaume qui, par le biais du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et de l’organisation islamiste Rachad, toutes deux classées terroristes par l’État algérien le 18 mai 2021, aurait provoqué les incendies qui, au mois d’août 2021, ont fait 90 morts dans la région de la Kabylie.

Tentatives de médiation
Ce que bien sûr personne n’a pu croire, comme l’ont illustré les nombreuses tentatives de médiation des pays arabes, que ce soit l’Arabie saoudite, l’Égypte, le Koweït ou encore la Mauritanie, qui, en tentant de s’interposer, ont clairement signifié au régime algérien que ses dires ne tenaient pas la route, non sans susciter l’ire de M. Lamamra qui, lors de la réunion du 9 septembre 2021 des ministres des Affaires étrangères arabes, avait refusé toute “discussion” ou “délibération” du sujet de la rupture et qualifié celle-ci de “décision souveraine, définitive et irréversible”.

Par ailleurs, aucun des États membres de l’ONU, y compris ses alliés d’Afrique australe et d’Amérique latine, n’a publié ne serait-ce qu’un communiqué de soutien. Mais cette “anecdote”, puisque c’est ainsi qu’il faudrait sans doute en définitive la nommer, avait, en outre, révélé une chose: que la sortie du 13 juillet 2021 du représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, en faveur de l’autodétermination de la kabylie avait fait mouche. M. Lamamra avait alors profité d’une réunion ministérielle du Mouvement des non-alignés (MNA) pour, en dehors de tout contexte, mettre sur le tapis la question du Sahara marocain, amenant le diplomate marocain à réagir et souligner que “l’autodétermination n’est pas un principe à la carte” et que “le vaillant peuple kabyle mérite, plus que tout autre, de jouir pleinement de son droit à l’autodétermination”.

Manières de caniveau
Le responsable algérien y avait d’ailleurs directement fait référence dans son désormais donc mauvaisement fameux soliloque du Club des pins, de même qu’il avait dépêché, quatre jours avant sa nomination, M. Belani, encore lui, pour écrire dans le média électronique et propriété indirecte de l’ancien chef d’état-major Khaled Nezzar, Algérie patriotique, et traiter de tous les noms M. Hilale: “inénarrable”, “Pinocchio invétéré de la diplomatie makhzenienne”, “Coué retors et besogneux de la diplomatie marocaine” entre autres amabilités qui en disent long, par ailleurs, sur le niveau intellectuel de la diplomatie tout comme, plus généralement, des dirigeants algériens actuels. Ou quand, refusant de s’avouer vaincu alors qu’on l’est, l’on choisit de verser allègrement dans la bassesse et les manières de caniveau.

On peut toutefois reconnaître une qualité à ces dirigeants: celle de jouer franc-jeu et d’avoir dès le début fait étalage public de leur détestation viscérale du Maroc et de son peuple, du rappel de la naissance de M. Bouteflika dans le Royaume et plus précisément dans la ville d’Oujda -en mars 1937-, comme si c’était ce dernier qui l’avait installé et non l’armée qui voulait faire aboutir à travers lui, à la fin des années 1990, son putsch de janvier 1992 contre le Front islamique du salut (FIS) -la “concorde civile”, comme on en était venu de manière euphémique à l’appeler-, en passant par la campagne électorale anti-marocaine du président Abdelmadjid Tebboune, comme on n’en avait presque plus fait depuis son prédécesseur dans les années 1960 et 1970 Houari Boumédiène -encore que celui-ci n’était pas réduit à un simple ectoplasme. Et pour couronner le tout, l’armée se trouve depuis décembre 2019 aux mains d’un général, en l’occurrence Saïd Chengriha, qui non seulement est notoirement sénile, mais dont on sait depuis belle lurette qu’il cherche à se venger du Maroc, dont les Forces armées royales (FAR) l’avaient capturé au cours de la bataille d’Amgala qui vit la voisine de l’Est intervenir -et perdre-, sous couvert du Polisario, au Sahara marocain.

Ne pas tomber le piège
Ce même général Chengriha qui, encore commandant de région en mai 2016, avait vu la chaîne Médi 1 révéler un audio où on l’entend faire profession de son désir de “restaurer la souveraineté du peuple sahraoui frère sur ses terres injustement spoliées”, et par là même lancer une offensive contre le Sahara marocain. On le voit à cet égard multiplier depuis plusieurs mois à la frontière du Maroc les exercices militaires, et même chercher à annexer des territoires marocains comme il l’a honteusement fait le 18 mars 2021 dans la province de Figuig, où la célèbre palmeraie d’El Arja a littéralement fait l’objet d’un Anschluss qui ne dit pas son nom. Sans compter la récente tentative de déploiement du 23 septembre 2021 de garde-frontières sur la route nationale nº10 reliant la ville de Bouarfa, dans la province de Figuig, à celle d’Agadir, finalement tuée dans l'oeuf après que les FAR soient immédiatement venues sur place.

Un tel incident aurait, dans d’autres circonstances, provoqué une guerre, mais le Maroc, qui avait déjà eu droit à ce complot début octobre 1962 pour le faire passer pour le méchant agresseur de la Guerre des sables alors qu’il ne faisait que réagir à l’invasion par l’armée algérienne du village d’Ich, également dans la province de Figuig, ne souhaite pas tomber dans un piège qui vise délibérément à contrecarrer les acquis diplomatiques considérables de ces deux dernières années. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas prêt au combat: on l’a vu le 13 novembre 2020, les FAR ont pu en deux temps, trois mouvements, et sans que les services militaires algériens ne les voient venir, libérer la zone de Guergarat des milices du Polisario qui depuis vingt-trois jours bloquaient la circulation des biens et des personnes entre le Maroc et la Mauritanie.

Langage de conciliation
Spécialiste international reconnu de la guerre dans le désert, et c’est une des raisons pour lesquelles le roi Mohammed VI l’avait fait nommer commandant du secteur opérationnel de la zone sud en janvier 2017, le général de division Belkhir El Farouk vient d’ailleurs d’être propulsé, le 15 septembre 2021, à la tête de l’inspection général des FAR, dans un signal fort à qui de droit qui n’est pas sans rappeler ce vieil adage militaire romain: “si vis pacem, para bellum”, c’est-à-dire qui veut la paix, prépare la guerre.

Car c’est bien évidemment la paix que veut le Maroc pour que soit enfin véritablement amorcée la construction du Maghreb. Manifestation éloquente, celle du roi Mohammed VI qui, en dépit donc des provocations ininterrompues du régime algérien, continue de tenir un langage de conciliation, avec en sus de ses discours les deux lettres de condoléances qu’il vient par exemple d’adresser à M. Tebboune suite au décès, le 17 septembre 2021, de M. Bouteflilka, et, le 22 septembre 2021, celui de l’ancien président par intérim Abdelkader Bensalah. Et même dans la foulée de la rupture, le Maroc avait indiqué que, pour sa part, il “restera un partenaire crédible et loyal pour le peuple algérien et continuera d’agir, avec sagesse et responsabilité, pour le développement de relations intermaghrébines saines et fructueuses”. De la part du régime algérien, la réciproque ne semble, hélas, pas vraie...