Un taux de croissance de 3,2% et un déficit budgétaire de 5,9% du PIB

Une reprise insuffisamment dynamique

Le PLF pour l’année prochaine traduit l’orientation du gouvernement à consacrer l’effort social du Royaume.

Les hypothèses de la Loi de Finances 2022 ont été annoncées lors d’un point de presse, tenu le lundi 18 octobre 2021, à l’issue du Conseil de gouvernement par le ministre délégué chargé des Relations avec le parlement, Porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, la ministre de l’Economie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui et le ministre délégué chargé du budget, Faouzi Lekjaa.

Selon les responsables, ce projet de loi de finances qui a été élaboré sur la base de l’hypothèse d’une campagne agricole estimée à 80 millions de quintaux et d’un cours moyen de gaz butane de 450 dollars la tonne, table sur un taux de croissance de 3,2% et un déficit budgétaire de 5,9% du PIB. Ce qui tranche, d’abord, nettement avec le dynamisme de l’activité économique de l’année 2021. Année au cours de laquelle l’activité économique a connu une reprise relativement dynamique. Tout en annonçant une légère atténuation du déficit budgétaire en 2022 par rapport aux années précédentes.

Production céréalière
En effet, en 2021, soutenue par les progrès notables de la campagne de vaccination, la très bonne campagne agricole, le stimulus budgétaire ainsi que l’orientation accommodante de la politique monétaire, le taux de croissance économique a enregistré un taux de pas moins de 6,2%. Au vu des prévisions du PLF 2022, l’année à venir connaitrait, alors, une sorte de consolidation de la croissance autour de 3,2%, due à un repli de la valeur ajoutée agricole, «sous l’hypothèse d’un retour à la production céréalière moyenne, et une hausse de 3,6% de celle des activités non agricoles», selon les données avancées par Abdellatif Jouahri, wali Bank Al Maghrib, lors du point de presse tenu le 13 octobre 2021.

Par ailleurs, selon la PLF 2022, après la détérioration en 2020, une légère atténuation du déficit budgétaire est prévue en 2022. En effet, après s’être établi à 7,6% du PIB en 2020, le déficit projeté par le ministère des finances en 2022 tournerait autour de 5,9% du PIB. Un déficit qui bien qu’atténué, reste d’un niveau élevé, ce qui pousserait le Trésor à continuer sur sa tendance alourdie d’endettement. Aussi bien dans sa composante interne qu’externe.

Sur un autre plan, ce projet de loi de Finances pour l’année budgétaire 2022, examiné lors du Conseil de gouvernement, sous la présidence du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, prévoit également la création de 250.000 emplois directs en deux ans. Sans oublier que le PLF devrait se traduire par plus d’efforts en matière du social. Là aussi, la tâche du gouvernement Akhannouch ne sera pas de tout repos, vu les fortes aspirations de la population tant en matière d’emploi qu’en matière de protection sociale. Vaste défi.