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Tanger déroule son tapis rouge au cinéma marocain

22ème édition du festival national du film de Tanger

Il y aura toujours un avant et un après la 22ème édition du Festival national du Film de Tanger. Une organisation réussie, une programmation riche et diversifiée et surtout des films qui révolutionnent artistiquement le cinéma marocain.

Place à la 22ème édition du Festival national du film de Tanger après une absence de deux ans due à l’épidémie du Covid-19. Un soulagement et une joie ineffable pour les cinéastes et cinéphiles marocains. L’ambiance était festive. Les grands noms du cinéma marocain ont fait leur traditionnelle marche sur le tapis rouge sous les flashs des caméras, immortalisant ainsi des moments historiques. En levée de rideau de cette nouvelle édition inédite à bien égards (du 16 au 24 septembre 2022), marquée par l’allocution du ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaïd, au centre culturel Boukmakh, un hommage spécial a été dédié à un vétéran du monde du cinéma marocain, Noureddine Saïl, disparu le 15 décembre 2020. Deux autres grands noms du champ cinématographique ont été hommagés, la réalisatrice Souad Lamriki et le réalisateur Mohamed Abderrahman Tazi.

Mohamed Mehdi Bensaïd a exprimé son immense joie de voir cet évènement culturel de haut vol atteindre une dimension qui va au-delà des frontières nationales. M. Bensaïd a saisi cette occasion pour réitérer la position inébranlable du son département, qui «consacre des efforts importants pour développer et épanouir l’industrie cinématographique marocaine, à travers la création d’une économie culturelle capable de concurrencer les productions continentales, voire mondiales». Pour Khalid Saïdi, directeur du Centre Cinématographique Marocain (CCM) par intérim, qui a veillé à la réussite de cet événement, cette 22ème édition du Festival se démarque par la programmation de 105 longs métrages, courts métrages et documentaires ayant été produits au cours des trois dernières années. Une production cinématographique riche, diversifiée et impressionnante en nombre, projetée dans trois salles de cinéma: Roxy, Megarama Goya et Alcazar.

105 films en compétition
Une chose est sûre: Il y aura toujours un avant et un après la 22ème édition du Festival national du Film de Tanger. Les équipes du Centre Cinématographique Marocain (CCM) n’ont ménagé aucun effort pour réussir une édition inédite à tous les égards. Au regard du nombre des films projetés en compétition, 105 au total (un chiffre en nette hausse compte tenu que c’est l’addition de deux années de production, et qui se répartissent entre trois catégories. 28 longs métrages de fiction, 27 longs métrages documentaires et 50 courts métrages de fiction), il est facile d’imaginer ou de se faire une idée approximative du nombre de hôtes de cette édition. Pour être précis, ils dépassent les 1.500. Toute une machine logistique a été mise en oeuvre pour assurer l’hébergement et les navettes entre les différents hôtels où séjournent les invités et les journalistes du Festival et les différents lieux où se déroulent projections, conférences, tables-rondes et débats.

Ce n’est pas tout. S’il y a une nouveauté qui n’est pas passée inaperçue, c’est la Semaine du film ivoirien (18-24 septembre), organisé en marge de cette 22ème édition et en commémoration du soixantenaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Royaume du Maroc et la République de Côte d’Ivoire, mais également dans le cadre de la co-production cinématographique qui lie le CCM et l’Office National du Cinéma de Côte d’Ivoire (ONAC-CI).

Transformation digitale
Les bonnes initiatives ne se s’arrêtent pas en si bon chemin. Le Festival a introduit une autre nouveauté. En plus des projections et des débats, les organisateurs ont aussi programmé des tables rondes sur des thèmes d’actualité et qui touchent au plus près aux préoccupations des acteurs du 7ème art marocain («Musique de film, quelle contribution à la production cinématographique marocaine? », «Le cinéma et la région», et «La culture cinématographique au Maroc»…). Autre nouveauté: la transformation digitale de l’organisation du Festival. C’est la création d’un site web entièrement dédié au Festival (www.fnf.ma) par les techniciens du Centre Cinématographique Marocain. Ce site a été conçu à la demande de Khalid Saidi, Directeur du CCM par intérim.

Du côté des critiques de cinéma, ils sont unanimes à penser dur comme fer que le cinéma marocain a fait un grand pas en avant autant sur le plan qualitatif que quantitatif. Secrétaire général de l’Association Marocaine des Critiques de Cinéma, président de la Fédération Africaine de la Critique Cinématographique et membre du jury du festival, Khalil Demmoun souligne que la qualité des projections oscille entre très bonne et moyennement bonne. «Il y a des films pour le grand public qui répondent surtout aux attentes des jeunes, mais il y a aussi des films d’auteur, notamment Fatema, la sultane inoubliable, de Mohamed Abderrahman Tazi», précise-t-il. Le festival étant en cours, Demmoun assure qu’il y a une évolution certaine sur le plan qualitatif. Quant au volet quantitatif, Demmoun rappelle que le Maroc produisait il y a plus de vingt ans huit à dix films par an. Aujourd’hui, on compte à peu près trente films de fiction.

Somme toute, le challenge de l’organisation de cette 22ème édition du Festival national du film (FNF) de Tanger, qui s’étend jusqu’au 24 septembre, a été relevé haut la main. En témoignent quelques chiffres. Les trois salles de cinéma ont accueilli, en seulement dix projections, 2.500 passionnés et cinéphiles du 7ème art au quatrième jour du festival.

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