Drame à Tanger: Au moins 24 morts dans une usine de textile clandestine

La mort dramatique de 24 travailleurs dans une usine clandestine située dans la cave d’une villa à Tanger repose le problème de ces unités de textile qui opèrent dans l’illégalité et l’absence totale de sécurité. Jusqu’à quand va-t-on laisser prospérer ces unités illégales au détriment des vies humaines?

Tanger vit en ce moment un drame humain terrible. Suite à des pluies diluviennes qui se sont abattues, dimanche 7 février 2021, sur la Ville du Détroit, ayant provoqué des inondations importantes, plusieurs dégâts matériels et humains ont été constatés, lundi 8 février. Ainsi, 24 morts sont officiellement recensés dans une unité clandestine de textile située dans la cave d’une villa à Hay Alinas, dans la zone d’El Mers.

Cette unité, qui manque certainement du moindre dispositif de sécurité et de sauvetage en cas de catastrophe, a subi une infiltration des eaux qui ont encerclé les travailleurs de l’usine. Les victimes sont mortes électrocutées après que les pluies aient infiltré les circuits électriques. Les autorités locales et les services de la Sûreté et de la Protection civile sont intervenus pour secourir dix autres personnes qui ont été transférées à l’hôpital régional pour recevoir les soins nécessaires.

Les opérations de recherches se poursuivent toujours en ce moment pour secourir d’éventuels autres individus encerclés. Une enquête a été ouverte par les autorités compétentes sous la supervision du Parquet pour élucider les circonstances de cet incident et déterminer les responsabilités.

Laxisme des autorités
Cette tragédie repose certainement le problème des unités clandestines de textile qui opèrent dans des conditions de travail lamentables marquées par un manque total de dispositifs de sécurité. On recense actuellement à Tanger plus d’un millier de ces unités qui se multiplient aux quatre coins de la ville. Le drame, c’est que les autorités publiques connaissent leur existence mais elles font malheureusement montre de laxisme, ce qui met en danger la vie de centaines de personnes qui y travaillent d’une façon illégale.

La tragédie de Tanger rappelle à notre triste souvenir la catastrophe de l’usine de matelas et d’ameublement de Casablanca, Rosamor, dont l’incendie, en avril 2008, a provoqué la mort de 55 personnes. Un drame effroyable qui a secoué le monde économique du pays.

Cette usine, située dans le quartier Lissasfa, était abritée dans un bâtiment, composé d’un rezde- chaussée et de trois étages, spécialisé dans la fabrication de meubles. Mais le bâtiment était totalement clos et les employés étaient enfermés en présence de matières inflammables. Treize années après cette catastrophe, qu’a-t-on réellement fait contre la présence de ces unités clandestines? Rien, absolument rien.

Le drame de Tanger est venu donc rappeler aux autorités publiques leur grand laxisme pour lutter contre ces usines de la mort. Il est temps de faire respecter la loi contre ces patrons qui continuent de gagner de l’argent au détriment des vies humaines poussées par la pauvreté à accepter de telles conditions de travail.