Les talibans reprennent le pouvoir en Afghanistan

Le président Ashraf Ghani a fui l'Afghanistan dimanche 15 août 2021, laissant de fait le pouvoir aux talibans qui ont atteint Kaboul, symbole de leur victoire militaire totale en tout juste 10 jours. Le mouvement islamiste radical s'apprête à revenir au pouvoir, 20 ans après en avoir été chassé par une coalition menée par les États-Unis en raison de son refus de livrer le chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, souligne l’AFP.

L'ancien vice-président Abdullah Abdullah a annoncé que le président Ashraf Ghani avait «quitté» le pays. Ce départ parachève la déroute des dernières semaines, après sept années au pouvoir au cours desquelles il ne sera pas parvenu à rebâtir son pays, contrairement à ses promesses.

«L'ancien président a quitté l'Afghanistan, laissant les gens dans cette situation. Il rendra ses comptes devant Dieu et les gens rendront leur jugement», a déclaré M. Abdullah, également chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale. Appelant à «ne pas s'inquiéter», le ministre de l'Intérieur, Abdul Sattar Mirzakwal, a assuré qu'un «transfert pacifique du pouvoir» vers un gouvernement de transition allait avoir lieu.

Un porte-parole des insurgés, Suhail Shaheen, a confirmé à la BBC qu'ils escomptaient un transfert pacifique du pouvoir dans les prochains jours. «Nous voulons un gouvernement inclusif ce qui veut dire que tous les Afghans en feront partie», a-t-il assuré.

L'Otan, qui se retire également d'Afghanistan, a appelé à «une solution politique au conflit, ce qui est plus urgent que jamais», selon un porte-parole. En à peine 10 jours, les talibans, qui avaient lancé leur offensive en mai à la faveur du début du retrait final des troupes américaines et étrangères, ont pris le contrôle de quasiment tout le pays.

Ashraf Ghani a demandé aux forces de sécurité de garantir la sécurité de tous les citoyens. «C'est notre responsabilité et nous le ferons de la meilleure manière possible. Quiconque pense à créer le chaos ou à piller sera traité avec force», a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée avant l'annonce de sa fuite. Les talibans avaient peu auparavant pris le contrôle de deux prisons proches de la capitale, libérant des milliers de prisonniers, et les autorités craignaient que des criminels n'en viennent à troubler l'ordre public.