BP swipe-970x250

Un fléau qui coûte au Maroc plus de 5 milliards de dirhams chaque année

Journée mondiale de lutte contre le tabagisme

Les experts constatent au Maroc une baisse de la consommation du tabac chez les hommes comme chez les femmes mais aussi chez les jeunes. Cela reflète probablement une prise de conscience des dangers du tabagisme aussi bien pour la santé que pour l’environnement.

Le tabagisme a pendant longtemps constitué un énorme phénomène mondial. La santé publique s’en trouve ainsi constamment en danger face à une augmentation importante de la production du tabac.

Un paradoxe qui profite amplement aux géants du tabac dans le monde alors que les autorités sanitaires peinent à freiner cette industrie florissante qui ne cesse de prospérer. Bien que la communauté internationale ait institué une journée mondiale contre le tabagisme, célébrée le 31 mai 2022, le phénomène progresse à une vitesse incroyable. Au Maroc, le ministère de la Santé lance, du 31 mai au 21 juin, une campagne nationale pour sensibiliser aux dangers du tabagisme et renforcer le plaidoyer autour de cette problématique, mais aussi de sensibiliser à son impact sur l’environnement.

Pour le ministère, la prévalence du tabagisme au Maroc est de 13,4% chez les adultes âgés de plus de 18 ans, dont 27% des hommes et 0,4% des femmes. Chez les élèves de 13 à 15 ans, la prévalence du tabagisme est de 6% alors qu’environ 35,6% de la population sont exposés au tabagisme passif dans les lieux publics et professionnels. Selon les résultats de l’évaluation de l’impact épidémiologique et économique du tabagisme au Maroc réalisée en 2021, le tabac était responsable en 2019 de 74.000 cas de cardiopathie ischémique et de 4.227 nouveaux cas annuels du cancer du poumon.

Décès prématurés
La mortalité attribuée au tabac en 2019 était de 12.800 décès prématurés, relève le ministère, notant que le coût économique annuel du tabac au Maroc s’élève à plus de 5 milliards de dirhams en 2019, représentant 8,5% des dépenses totales de santé et 0,45% du PIB. Dans ce contexte, le ministère de la Santé souligne l’importance de l’implication de tous, individus, départements et société civile, dans le renforcement de la lutte contre le tabac, aussi bien en matière de prévention de l’initiation au tabagisme chez les jeunes, le soutien et l’accompagnement de l’abandon des habitudes tabagiques. Il met l’accent à cet égard sur l’adhésion aux services d’aide au sevrage tabagique disponibles dans les structures du ministère de la Santé ainsi que sur le plaidoyer pour la mise en oeuvre d’une législation stricte nécessaire pour la protection des non-fumeurs contre l’exposition à la fumée de tabac et l’interdiction de la consommation du tabac dans les espaces publics.

Selon le président du Centre d’addictologie de Marrakech, Hamid Ibanni, «le taux de consommation du tabac au Maroc est en régression continue au Maroc comme dans le monde. Il est prévu que ce taux tomberait à 12% au Maroc en 2025.» Cet expert, qui se réfère à des études de l’OMS, explique que le nombre de fumeurs de tabac et ses produits dérivés, âgés entre 15 ans et plus, a connu une régression au Maroc en passant de 23,6% en 2000 à 17,7% en 2010, puis à 15,7% en 2015 pour atteindre 13,8% en 2020. Cette régression est la résultante toute logique de la politique adoptée par le Maroc en matière de lutte contre le tabagisme.

Chez les hommes, le taux de consommation de tabac a diminué de 45,5% en 2000, pour s’établir à 35,33% en 2010, avant d’arriver à 31,1% en 2015, faisant observer que ce taux a enregistré une tendance baissière pour s’établir à 24,7% en 2020 et serait de l’ordre de 24% en 2025 selon les prévisions. Chez les femmes, ce taux a enregistré également une baisse considérable pour passer de 2,2% en 2000 à 1,3% en 2010, puis à 1% en 2015 et à 0,8% en 2020, alors qu’il est attendu à ce que ce pourcentage serait de l’ordre de 0,6% en 2025.

Articles similaires