TAÂSSIB LE PRÉCÉDENT CHIITE


Chaque année au Liban, ce seraient environ 350 citoyens qui se convertiraient au chiisme. Par conviction de la primauté de Ali en tant que lieutenant d’Allah sur terre? Peut-être, mais dans le lot on en trouve certainement beaucoup qui font ce choix pour des raisons de succession. En effet, dans un pays où on peut changer de confession par simple passage devant un juge d’un tribunal religieux, devenir chiite présente l’avantage de pouvoir faire que ses filles, au cas où on n’a pas de garçons, n’aient pas à partager les parts qui devraient en temps normal leur revenir à elles seules avec des parents mâles parfois très éloignés.

C’est ce que l’on appelle, dans la jurisprudence sunnite, le taâssib, pratique que les associations féministes appellent depuis belle lurette à abroger au Maroc, et ce notamment dans le cadre des discussions actuelles relatives à la révision de la Moudawana. Il faut dire que le Coran n’en fait aucun cas, du moins de façon ouverte, et que c’est sur la seule base de l’ijtihad que le taâssib en est venu à être institué dans les sociétés musulmanes où il domine.


C’était à un moment de l’histoire de la civilisation islamique où les femmes, si elles n’avaient plus de père et de frère, se retrouvaient à la charge matérielle de leur oncles et autres proches par agnation. Un état de fait qui a bien évidemment changé, mais pas donc la législation, que les milieux islamistes marocains tiennent à garder telle quelle. Au niveau arabe, seuls deux pays ont de façon claire et nette mis fin au taâssib .Le premier est l’Irak, pays où toutefois la majorité est chiite. Et le deuxième pays n’est autre que la Tunisie, où, comme le Maroc, le malikisme est également l’école juridique dominante. Ce qui ne l’a donc pas empêché de trancher en faveur des femmes en matière de tâassib.

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