Conflit en Syrie: L’opposition sollicite Bourita

Et si le Maroc aidait à mettre fin au conflit syrien? Si la chose semble aujourd’hui éloignée, l’opposition syrienne croit en tout cas que le Royaume peut l’aider à entamer le dialogue avec le régime de Bachar el-Assad.

Les bons offices offerts par le Maroc aux belligérants libyens mais aussi au Mali pour faciliter la transition politique dans le pays après le coup d’État du 18 août 2020 semble donner des idées à l’opposition syrienne. Cette dernière, par la voix du président de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution, Nasr Hariri, s’est récemment adressée, à en croire plusieurs médias arabes, au ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, pour demander l’intercession du Royaume au niveau de la Ligue arabe, arguant de son “indépendance” et de sa “neutralité” diplomatiques.

“La perspicacité diplomatique de votre pays et sa politique étrangère efficace ont fait du Royaume du Maroc un acteur régional hautement respecté et très apprécié par la communauté internationale,” lit-on notamment dans le courrier de M. Hariri. Si le Maroc accepte, ce serait la première fois depuis plus de sept ans qu’il jouerait un rôle dans le dossier syrien, lui qui, dans les premières années du conflit, s’était engagé corps et âme en faveur de l’opposition syrienne. On se souvient, ainsi, de l’échange houleux qu’avaient eus fin août 2012 au conseil de sécurité Saâd Eddine El Othmani, alors chef de la diplomatie, et le représentant syrien auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU), Bashar Jaafari, après que l’actuel Chef du gouvernement eut pris à parti le régime de Bachar el-Assad.

Dans le même sens, Marrakech accueillait, en décembre 2012, la quatrième conférence internationale des amis de la Syrie, créée quelque dix mois plus tôt en Tunisie. Par la suite toutefois, le Maroc a tempéré ses ardeurs, après avoir été lâché en avril 2013 par l’administration Barack Obama au niveau du conseil de sécurité, où la représentante américaine Susan Rice avait tenté d’élargir la mission de la Minurso à la surveillance des droits humains.

Partenariat stratégique
Car la politique syrienne du début du Printemps arabe a d’abord participé d’une coordination avec Washington et surtout avec sa secrétaire d’État, Hillary Clinton, grande amie du Royaume dont le départ en janvier 2013 se fera donc moins de trois mois plus tard sentir. Le roi Mohammed VI taxera ainsi, dans son discours de la Marche verte du 6 novembre 2014, la capitale américaine d’“ambiguïté” et, dans la foulée, le Maroc commencera à ratisser plus large avec notamment le partenariat stratégique avec la Chine et, surtout, le partenariat stratégique approfondi avec la Russie.

Ce dernier partenariat poussera le Royaume, du fait du déploiement russe en Syrie à partir de septembre 2015, à se poser en partie neutre dans le conflit, au point de reprendre le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, après que ce dernier eût, fin novembre 2016, condamné les bombardements de Vladimir Poutine sur Alep-Est. “Le Royaume du Maroc respecte le rôle et l’action de la Fédération de Russie sur ce dossier comme sur d’autres questions internationales,” réagira, quelques jours plus tard, le ministère des Affaires étrangères.

Ces relations avec Moscou d’une part, en plus de bons rapports entretenus avec les États-Unis depuis l’élection de Donald Trump en novembre 2016, pourraient, ainsi, donner raison à M. Hariri et faire en sorte que M. el-Assad se mette à la table des négociations avec ses opposants.


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